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Canada : le nouveau gouvernement change de ton sur le climat

Vers un renouveau climatique au Canada ? Lors de son premier entretien télévisé après sa prise de fonction, le nouveau Premier ministre Justin Trudeau a assuré que le Canada allait “faire sa part pour réduire les émissions de gaz à effet de serre“ et contribuer à la réussite de la COP21, la conférence de l’ONU sur le climat de Paris. Il a ajouté que le “le Canada est là pour être un acteur productif“, voire pour être un meneur “dans certains dossiers“, affichant une nouvelle volonté de “s’assurer que tous les pays s’engagent de façon robuste à faire de même“.

De nouvelles ambitions que la nouvelle ministre de l’Environnement et du Changement Climatique, Catherine McKenna, commencera à défendre dès le 8 novembre à Paris pour des travaux préparatoires.

Le premier ministre canadien Justin Trudeau et Catherine McKenna, ministre de l'environnement et du changement climatique
Le Premier ministre canadien Justin Trudeau et Catherine McKenna, ministre de l’environnement et du changement climatique lors de son investiture

L’intitulé même du ministère, affichant en toutes lettres le changement climatique, est une rupture avec les positions du prédécesseur de Justin Trudeau, Stephen Harper, en poste depuis 2006. Climato-sceptique affiché, Stephen Harper s’intéressait plus à l’exploitation des gaz de schistes et à la signature d’accords commerciaux internationaux tels l’Accord économique et commercial global (AECG ou Comprehensive Economic and Trade Agreement, CETA en anglais), signé en septembre 2014 entre l’Union européenne et le Canada, cousin de Tafta, qu‘à la défense du climat.

Stephen Harper avait aussi fait retirer son pays du Protocole de Kyoto en décembre 2011, à l’occasion de la COP17 de Durban qui avait acté le mois de décembre 2015 et la COP21 comme date butoir pour trouver un successeur universel et contraignant au texte de Kyoto. Le ministre de l’environnement de l‘époque, Peter Kent, avait alors déclaré que le Canada ne sera jamais capable de respecter les engagements qu’il avait pris à Kyoto sans faire des choix “radicaux“ et “irresponsables“.

Faire face à des “changements climatiques réels”

Justin Trudeau n’a laissé planer aucun doute sur ses intentions en choisissant ce libellé de ministère, expliquant qu’il s’agissait bien là de montrer la reconnaissance par le Canada “que les changements climatiques sont réels“ et qu’ils sont à traiter en priorité. Jusque là, les provinces canadiennes avaient opté pour des mécanismes et des objectifs de réduction des émissions des gaz à effet de serre de manière dispersée. Mais le Premier ministre a expliqué qu’il souhaitait les rassembler pour rediscuter des buts à atteindre et afin d’arrêter une “position forte“ avant le début de la conférence internationale de Paris sur le climat. La quasi-totalité des Premiers ministres des provinces feront partie de la délégation canadienne qui se rendra à Paris.

Le Canada avait publié sa contribution nationale, ainsi que prévu lors de la COP19 de Varsovie, le 15 mai dernier. Il proposait de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 30% d’ici à 2030 par rapport à 2005, une année haute. Cet objectif équivaut à une baisse de 14% seulement par rapport à 1990, année de référence du protocole de Kyoto.

Le Canada, grand pays peu peuplé et couvert de forêts flirte depuis toujours avec le top 10 des plus gros émetteurs mondiaux de gaz à effet de serre, évoluant selon les années entre la 8ème (pic de 2007) ou 11ème place (2012).

La COP21 fait, par ailleurs, l’affaire du nouveau Premier ministre. Justin Trudeau compte bien profiter de cette conférence internationale de premier plan, qui intervient quelques semaines seulement après son investiture, pour redorer l’image écornée de son pays à l‘étranger et signer une inflexion de la diplomatie canadienne.
Nous sommes de retour“, avait-il lancé au monde au lendemain de son élection, déterminé à rassurer les pays partenaires “inquiets que le Canada ait perdu sa compassion et sa voix constructive dans le monde au cours des dix dernières années“ de pouvoir conservateur. La COP21 sera, sans conteste de ce point de vue, un point d’orgue après un mois d’une tournée diplomatique qui passera par un G20 en Turquie, une réunion de l’APEC aux Philippines et du Commonwealth à Malte.

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