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Entre espoir et dure réalité, quelle éducation au XXIème siècle ?

L‘éducation joue un rôle-clé dans la réalisation des Objectifs de développement durable adoptés récemment par les Nations Unies. Un principe

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Entre espoir et dure réalité, quelle éducation au XXIème siècle ?

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L‘éducation joue un rôle-clé dans la réalisation des Objectifs de développement durable adoptés récemment par les Nations Unies. Un principe réaffirmé lors du Sommet WISE pour l’innovation en éducation qui vient de s’achever à Doha. Un sujet abordé par des personnalités de premier plan.

Point of view

Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, nos écoles sont devenues des cimetières et les élèves et les professeurs, des réfugiés.

“Les Objectifs de l’ONU, a assuré à la tribune, la cheikha Moza Bint Nasser Al-Misnad, présidente de la Qatar Foundation, sont comme un rêve pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord où on a le sentiment cauchemardesque de marcher à reculons, où nos écoles sont devenues des cimetières et les élèves et les professeurs, des réfugiés.”

Michelle Obama interpelle sur l‘éducation des filles

Alors que 62 millions de filles dans le monde ne sont pas scolarisées, la première Dame des Etats-Unis Michelle Obama en a appelé à la fin des lois et des traditions dépassées qui au-delà du manque de ressources, les privent d‘éducation. “Aujourd’hui, je veux parler très clairement à tous les hommes qui sont ici : on a besoin de vous, a-t-elle lancé avant d’ajouter, en tant que père, mari ou simplement être humain, ce combat est aussi le vôtre.”

Si parmi les quelques 1500 participants au sommet, on s’accorde à dire qu’il faut améliorer la qualité et l‘égalité dans l’enseignement, les avis divergent sur les méthodes à employer.

“La définition de la qualité n’est pas encore acceptée par tous de manière très claire, souligne Marcio Barbosa, PDG de l’organisation Education Above All. Dans une école aux Etats-Unis par exemple, la qualité, cela voudra peut-être dire disposer d’un ordinateur, poursuit-il, pour des habitants de régions isolées qui ne sont jamais allés à l‘école, la qualité, ce sera d’avoir un crayon : cela prend du temps de fournir à tous, les meilleurs outils possibles.”

Comment améliorer la qualité et l‘égalité dans l’enseignement ?

Julia Gillard, présidente du conseil du Partenariat mondial pour l‘éducation, renchérit : “Si on veut que nos enfants soient créatifs, innovants, aient les compétences fondamentales pour qu’ils se voient comme des citoyens du monde – et je pense que c’est tout cela que nous voulons -, on doit se concentrer sur la lecture et le calcul parce qu’on ne réussira pas à leur faire réaliser de grandes choses s’ils ne maîtrisent pas les bases.”

Dans le cadre du programme de WISE, “Learner’s Voice”, 33 jeunes issus de différents pays ont pu donner leur vision de l’avenir de l‘éducation. C’est le cas d’Yvens Rumbold, chargé de communication à la Fondation connaissance et liberté : “Dans mon équipe, on s’est focalisé sur la formation des enseignants parce qu’on pense que pour avoir un enseignement de meilleure qualité où que l’on soit sur la planète, dit-il, il faut d’abord agir au niveau de l’enseignant.”

Comment investir dans l‘éducation, lutter contre la pauvreté et permettre un développement inclusif et durable ? C‘étaient les grands thèmes de cette édition toujours centrée sur l’innovation. Les plus jeunes ont pu participer à des activités autour de pédagogies novatrices inspirées des meilleures approches actuelles. Objectif : stimuler la créativité, l’apprentissage et la collaboration. Michelle Obama a rencontré ces enfants et leurs professeurs de différentes écoles du Qatar venus travailler sur le déchiffrage de codes, la robotique et encore apprendre avec les Lego.

Impact de la crise des migrants sur l‘éducation

Autre sujet abordé lors de l‘évènement : la crise des migrants au Moyen-Orient et en Europe et son impact sur l‘éducation. “On doit donner une plus grande priorité au financement de l‘éducation dans le cadre d’opérations humanitaires, estime Thomas Gass, Sous-Secrétaire général à la coordination des politiques et aux affaires interorganisations du Département des affaires économiques et sociales (DAES) des Nations Unies. Mais ce n’est pas suffisant, poursuit-il, on doit s’attaquer aux causes à la racine, on doit contribuer au réglement de cette crise.”

Pour le Sommet, Sakena Yacoobi est un exemple à suivre : la directrice de l’Institut d’apprentissage afghan a reçu le Prix WISE doté d’un demi-million de dollars pour avoir facilité l’accès à l‘éducation et aux soins de millions de personnes en Afghanistan.