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Diabète : où en est-on dans le traitement et la prévention ?

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Diabète : où en est-on dans le traitement et la prévention ?

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Le diabète est l’un des ennemis publics numéro un en matière de santé en Europe. D’après certaines études, cette maladie très complexe affecterait

Le diabète est l’un des ennemis publics numéro un en matière de santé en Europe. D’après certaines études, cette maladie très complexe affecterait aujourd’hui affecter jusqu‘à 62 millions de personnes, presque 18 % de la population européenne. Conscient de cette situation, les chercheurs travaillent d’arrache-pied pour fournir de nouveaux outils une détection plus précoce et une meilleure prévention contre la maladie.

A l’université de Dublin, des personnes présentant un haut risque de développer le diabète de type 2 se sont portées volontaires pour participer à une étude pour déterminer si l’exercice physique peut retarder, ou même prévenir le déclenchement de la maladie.

“Je suis principalement venu ici du fait de mes problèmes cardiaques. Mais j’ai découvert qu’avec le sport, on dirait que que je contrôle aussi beaucoup mieux mon diabète”, témoigne une participante bénévole.

“Je crois vraiment que si je ne participais pas à ce programme, je serais gravement malade maintenant. Ou même presque mort, vous savez. Je pense que mon état de santé serait tellement mauvais que je serais alitée à l’heure qu’il est”, rajoute-t-elle.

Les scientifiques d’un projet de recherche européen ont analysé les améliorations physiques des bénévoles.

D’après les chercheurs, elles confirment le fait que l’exercice physique régulier et un mode de vie sain peuvent enrayer le développement de la maladie chez les individus à haut risque.

“Les patients perdent du poids, de la graisse. Leur condition physique s’améliore. Nous avons vu des améliorations de leur niveau de glucose, un facteur de risque majeur pour le diabète de type 2”, explique Donal O´Gorman, physiologiste du sport.

Cette conclusion n’a pas été une surprise pour Christian et Lone.

Tous les deux ont été diagnostiqués ici au Danemark du diabète de type 2. Ils viennent souvent dans cette clinique pour partager leurs expériences avec des patients récemment diagnostiqués.

D’après eux, un mode de vie sain est la clé pour prévenir la maladie.

“J’avais 18 ans quand on m’a diagnostiqué un diabète de type 2. Et je me rappelle qu’ils l’ont appelé “maladie de vieil homme”. Mais je ne me voyais pas comme un vieil homme. Juste un homme normal avec une spécificité en plus”, dit Christian.

“J’ai été choquée quand j’ai été diagnostiquée. Je ne savais pas quoi faire. Les médecins me disaient de manger moins. J’ai fait de l’exercice, comme de la natation…Mais souvent, je ne faisais rien. C‘était difficile pour moi”, témoigne Lone.

Cela reste un défi d’identifier efficacement qui sont les personnes à haut risque de développer le diabète, pour qu’ils aient de meilleurs conseils de prévention.

“Notre projet a pour but de pousser plus loin la recherche biologique sur le diabète de type 2 pour voir si on peut trouver par les tests sanguins ou autres des moyens rapides de prévention : oui, cette personne présente un haut risque et devrait recevoir un traitement préventif, ou cette personne présente peu de risques”, dit John Nolan, le coordinateur de l‘étude.

Les scientifiques travaillent pour identifier de nouveaux marqueurs de la maladie, autres que le niveau de glucose dans le sang.

Et après presque trois ans de recherche en laboratoire, leur travail a porté ses fruits.

“Nous nous sommes concentrés sur les lipides, ou les graisses. Et nous avons identifié plusieurs molécules individuelles qui peuvent prédire le déclenchement de la maladie”, explique le biophysicien Matej Oresic.

“La médecine passe d’une approche plus générale à une approche beaucoup plus personnalisée. Mon espoir est que nos travaux aident vraiment les diabétiques ou les personnes présentant un risque de développer la maladie à recevoir des soins beaucoup plus personnalisés”, poursuit le coordinateur de l‘étude.

Comment détecter le diabète ? A Oulu en Finlande, les scientifiques ont partiellement développé un système pour garantir une détection précoce de la maladie, à l’aide des pieds.

Notre journaliste Julian Gomez a visité un laboratoire de recherche optique qui propose une nouvelle façon de détecter le diabète.

Les ingénieurs pensent qu’il peut être diagnostiqué en observant de près les yeux ou la peau.

Environ 30 % des diabétiques ont des problèmes cutanés, en particulier au niveau des pieds.

Les chercheurs ont développé une caméra spécialement adaptée pour détecter les blessures aux pieds liées au diabète.

“Elle dispose de cinq capteurs mégapixels, et de nos propres algorithmes d’imagerie. Pour ce projet spécifique nous avons modifié les parties optiques et d‘éclairage de la caméra”, explique l’ingénieur industriel Seppo Kopsala.

L‘équipement optique a été associé à des technologies thermiques et d’ultrasons pour offrir aux médecins un ensemble complet d’images, qui peuvent révéler un stade précoce du développement de la maladie, et prévenir d‘éventuels handicaps chez les patients.

“Les différentes couleurs mettent en valeur différentes caractéristiques de la peau du patient. Quand on combine les données, pas seulement avec des images aux couleurs standards, mais séparément avec les différents canaux de couleurs, rouge, bleu et vert, nous sommes capables de mettre en avant ces changements avec plus de précision et de détails”, précise Seppo Kopsala.

Enfin, comment améliorer les traitements existants ? A Strasbourg, en France, les chercheurs préparent la prochaine grande révolution dans le traitement contre le diabète de type 1. Et leur arme secrète, c’est un pancréas bioartificiel.

Alain vit avec un le diabète de type 1. Son pancréas ne produit tout simplement pas assez d’insuline, l’hormone qui régule le niveau de sucre.

“Mon diabète a été diagnostiqué lors de mon service militaire. J’avais 24 ans, c‘était il y a 36 ans. C’est venu tout simplement lors d’un contrôle de prise d’urine. On a détecté qu’il y avait du sucre dans le sang. Et à partir de là, le monde s’est un petit peu effondré” raconte-t-il.

Comme les autres diabétiques de type 1, Alain dépend d’injections quotidiennes d’insuline pour contrôler le niveau de glucose dans son sang.

Un traitement efficace, mais qui comporte d’importantes limites.

“Il faut essayer d’apporter cette insuline à peu près comme le pancréas l’aurait fait s’il avait continué à fonctionner. On sait que le pancréas secrète beaucoup d’insuline à chaque repas, pour stocker le glucose des repas, et à l’inverse produit de très faibles quantités à distance des repas et notamment la nuit, pour contrôler la production de sucre par le foie”, explique l’endocrinologue Michel Pinguet du CHU de Starsbourg.

Développer un pancréas bioartificiel. C’est l’objectif de ces scientifiques qui participent à un projet de recherche européen.

Leur idée est d’introduire dans le corps de leurs patients une membrane biocompatible remplie de cellules secrétant de l’insuline.

“Le sucre va pouvoir traverser cette poche à travers ces membranes semi-perméables, signaler sa présence aux cellules qui sont contenues à l’intérieur. Ces cellules sont capables de secréter la quantité nécessaire d’insuline pour ramener à la normale le taux de sucre dans le sang”, détaille le biologiste Richard Bouaoun.

Selon les chercheurs, la thérapie cellulaire présente l’avantage d‘être autonome. Le système se met en marche seul quand le niveau de glucose augmente.

Le principal défi pour les scientifiques est d’allonger la durée de vie de ces cellules thérapeutiques en circuit fermé.

“Il faut vraiment que l’on trouve des molécules qui nous permettent d’optimiser la disponibilité de l’oxygène au niveau du pancréas artificiel. Après, on pourra s’atteler aux autres problèmes annexes qui ne sont pas aussi mortels pour les îlots pancréatiques que le manque d’oxygène”, affirme la biologiste Elsa Maillard-Pedracini.

Les scientifiques perçoivent leurs travaux comme une alternative potentielle et très utile à la greffe du pancréas.

“Aujourd’hui si tous les pancréas potentiellement disponibles l‘étaient, on pourrait traiter que 0,01 % des patients diabétiques de type 1, qui ne sont 10 % de la population des diabétiques, c’est-à-dire une population infime de diabétiques. Donc, l’idée, c’est de trouver une manière de les traiter par une approche physiologique, cellulaire, mais qui soit envisageable pour tous”, suggère Séverine Sigrist, la directrice scientifique du centre.

Dépendants des avancées technologiques et des tests cliniques, les chercheurs espèrent que le pancréas bioartificiel devienne une réalité autour de 2019.

“ça c’est la voie de l’avenir, parce que ça permet vraiment d’avoir un traitement sans aucune contrainte pour le patient, un traitement qui peut se prolonger longtemps, qui n’a pas d’effets secondaires, et qui est très sûr parce que ces cellules peuvent être par définition retirées”, estime l’endocrinologue Michel Pinguet.

Les diabétiques et les individus à risque espèrent que ces découvertes scientifiques dans la prévention, la détection et le traitement permettront de contribuer à améliorer leur qualité de vie.

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