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Le roi de Jordanie sur le conflit syrien : "Moscou est la clef"

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Le roi de Jordanie sur le conflit syrien : "Moscou est la clef"

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La Jordanie accueille aujourd’hui plus de 600 000 réfugiés syriens. En 4 ans de crise, l’Union européenne a donné 198 millions d’euros au Royaume pour financer l’aide humanitaire à ces réfugiés. Amman gère cette pression migratoire et doit aussi faire face au terrorisme islamique. Nous sommes allés à la rencontre du roi Abdallah II à Amman, une interview exclusive. Pour lui, “Moscou est la clef du conflit syrien”.

Isabelle Kumar :
Vous avez mentionné que les Syriens partaient, qu’ils allaient en Europe parce que les conditions se détériorent ici. D’autres choisissent de retourner en Syrie parce qu’ils perdent espoir. Est-ce que vous vous inquiétez de savoir quelques fois si malgré tout ce que vous avez fait, vous pourriez finir du mauvais côté de l’Histoire dans cette crise syrienne ?

Roi Abdallah II :
“_Je pense que le problème des réfugiés débarquant dans les ports d’Europe a été un coup de semonce pour nous tous, un appel pour que nous ayons une meilleure coordination.

Si nous prenons un peu de recul, tout ce dont nous avons parlé jusqu‘à ici a un rapport direct avec cette guerre mondiale contre le terrorisme. L’Europe souffre de ses candidats au jihad et c’est un problème que nous avons soulevé il y a déjà deux ans.

Ceci est à mon avis, une guerre mondiale, une troisième guerre mondiale par d’autres moyens. Pouvoir agir ensemble en Syrie, nous permet de bâtir un bloc pour être en mesure de faire face à partir d’une approche globale. Nous devons donc nous rassembler et nous entraider. Et si on parle de l’implication de la Russie, il y a une possibilité, une opportunité._”

Auparavant, les États-Unis avaient beaucoup de poids dans cette région, vous venez de mentionner la Russie, voyez-vous la Russie comme un acteur clef plus important maintenant dans cette région ?

Roi Abdallah II :
“_Depuis ces 5 ou 6 dernières années, j’ai toujours dit que pour une solution politique en Syrie, Moscou est la clef, est cruciale. C’est elle qui peut apporter des garanties sur l’avenir au régime. Et je crois encore que le fait que la Russie soit sur le terrain aujourd’hui est une réalité et nous devons tous faire avec.

Comme je l’ai dit, si les Européens ont un problème très sérieux avec les candidats au jihad, c’est bien pire pour la Russie. Elle a aussi un problème majeur avec ses radicaux qui partent combattre à l‘étranger, donc elle doit aussi régler la menace que représente le groupe Etat islamique ou Daech elle-même._”