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Afrique : villes et développement, aujourd’hui et demain


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Afrique : villes et développement, aujourd’hui et demain

A quoi ressemblera l’Afrique dans 50 ans ? Pour y répondre, les dirigeants du continent ont élaboré un « Agenda 2063 » qui fixe des objectifs de développement. Une réalité s’impose d’ores et déjà : l’Afrique s’urbanise. Aujourd’hui, sur le continent, plus de 40% de la population vit en ville. Les dirigeants des collectivités locales deviennent, de facto, des acteurs importants. Tous les trois ans, ils ont l’occasion de se retrouver pour échanger sur leurs expériences lors d’un sommet appelé « Africités ». La prochaine édition aura lieu fin novembre à Johannesburg. Une présentation en a été faite ce vendredi à Paris.

Le sommet Africités

  • Après Abidjan (1998), Windhoek (2000), Yaoundé (2003), Nairobi (2006), Marrakech (2009) et Dakar (2012), c’est à Johannesburg (Afrique du Sud) qu’aura lieu la prochaine édition d’Africités.
  • Du 29 novembre au 3 décembre, élus locaux, ministres, représentants d’ONG et d’institutions internationales auront l’occasion d’échanger sur le développement, l’intégration, la coopération et l’unité de l’Afrique.
  • Les organisateurs attendent plus de 15 000 visiteurs.
  • Euronews est un des partenaires médias de l’événement.

Quand on parle de développement en Afrique, il y a ceux qui pensent « taux de croissance » ou « commerce international ». Mais pour de nombreux habitants du continent, la question du développement se résume à l’état des routes, l’accès à une borne-fontaine ou la possibilité de scolariser ses enfants. « Pour nous, affirme Jean-Pierre Elong Mbassi, le développement est local ou il n’est pas ». Ce Camerounais est le secrétaire général de Cités et gouvernements locaux unis d’Afrique (CGLU-A), qui organise le sommet Africités. Son crédo : « façonner l’avenir de l’Afrique à partir de la base avec les collectivités locales ».

Le message n’est pas encore toujours bien perçu chez les décideurs, certains bailleurs, par exemple, étant encore réticents à s’appuyer sur d’autres interlocuteurs que les gouvernements des Etats. Et pourtant, le processus de décentralisation est enclenché, et les maires des villes ont aujourd’hui un poids non négligeable pour traiter les questions de transports, de logement, de santé, d’énergie… sur leur territoire. Des responsabilités accrues, mais sans forcément avec les moyens humains et financiers pour y faire face. Le président de l’Association des maires du Sénégal l’avait souligné lors du dernier sommet Africités en 2012 : « Pour beaucoup d’élus locaux, disait-il, le transfert de compétences se mue en transfert de problèmes ».

Alors pour faire à ces problèmes, la meilleure solution, c’est d’en parler. Et c’est bien l’intérêt d’Africités, « un énorme marché d’échanges d’expériences sur des questions très concrètes », d’après Jean-Pierre Elong Mbassi. Avec plus de 1500 élus locaux présents, ajoute Gustave Massiah, économiste, membre du comité d’organisation de l’événement « il s’agit de la rencontre démocratique la plus importante d’Afrique ».

Les villes africaines en 2063

Dans l’ « Agenda 2063 » élaboré par les dirigeants africains, les villes sont définies comme « des centres d’activités culturelles et économiques, dotées d’infrastructures modernes et où les populations ont accès à tous les services de base essentiels, notamment le logement, l’eau, l’assainissement, l’énergie, les transports publics et les TIC ».
En écho à cette approche, voici comment Jean-Pierre Elong Mbassi imagine, lui, la cité africaine du futur. « Dans 50 ans, j’espère que les Africains vont comprendre que les villes africaines ne sont pas des villes européennes, et que faire une course-poursuite pour que les villes africaines ressemblent aux villes européennes est inutile. J’espère que les villes africaines inventeront une autre trajectoire dans le développement urbain. Il faudrait que ce développement soit de faible empreinte écologique, et qu’il soit à taille humaine, qu’il conserve les valeurs de solidarité, de partage, de respect pour les autres. Les villes en 2063 auront, j’espère, intégrer les valeurs propres aux cultures africaines, ces valeurs qui ont permis que l’Afrique soit une des cultures les plus anciennes de l’humanité. »

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