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Réfugiés : Oxfam accuse la Bulgarie de brutalité policière


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Réfugiés : Oxfam accuse la Bulgarie de brutalité policière

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Chaque jour, environ deux cents personnes traversent la frontière entre la Bulgarie et la Serbie et débarquent dans la ville de Dimitrovgrad. Pour arriver ici, ils doivent passer un massif montagneux inhospitalier.

La plupart sont des hommes et des adolescents non accompagnés qui ont fui l’Afghanistan et ont traversé l’Iran, la Turquie et la Bulgarie avant d’arriver là. Ils ont voyagé pendant un mois ou deux selon les cas et nombreux sont ceux qui ont subi toutes sortes d’abus.

Le comportement de la police bulgare est particulièrement décrié : tabassage, extorsion, menaces à main armé, attaque de chien, maltraitance…

Le Centre des Droits de l’Homme de Belgrade et l’ONG britannique Oxfam ont répertorié des dizaines de cas, comme celui de Jahanzeb, 16 ans, Afghan :

J’ai eu de nombreux problèmes pour arriver jusqu’ici. Je n’ai pas eu une seule minute de paix. J’ai pleuré presque tous les jours, j’ai été battu. Si ma mère savait, elle n’arrêterait pas de pleurer. Je n’ai pas pu marcher pendant une semaine entière parce que mes pieds étaient à vifs, ils saignaient. La police bulgare m’avait volé mes chaussures.

Oxfam et le Centre des Droits de l’Homme de Belgrade en appellent au gouvernement bulgare pour enquêter sur des dizaines de cas et faire respecter les droits des réfugiés. Le comité des Droits de l’Homme d’Helsinki, basé à Sofia, a rapporté les mêmes faits.

En arrivant à Dimitrovgrad, ces réfugiés ont besoin de tout et reçoivent de la nourriture, des kits d’hygiène et surtout une assistance médicale. Olan Hussein, 35 ans, de Téhéran, les mains très abîmées, en avait besoin, il témoigne :

J’ai voyagé pendant plus d’un mois et demi. J’ai quitté l’Iran, je suis passé par la Turquie et ensuite par la Bulgarie où j’ai été emprisonné pendant 18 jours. Et puis, j’ai voulu traverser la frontière bulgare et des policiers bulgares m’ont arrêté et m’ont mis dans un camp qui ressemblait vraiment à une prison. Ils m’ont pris mon passeport et ne voulaient pas me le rendre.

A Dimitrovgrad, Oxfam est en train d’installer des douches et des toilettes au centre d’accueil. Ici, les migrants sont enregistrés, puis on leur donne un papier valable 72 h qui leur permet de traverser la Serbie.
Chaque jour, un bus est prévu pour rejoindre la capitale, Belgrade. De là, ils prennent un autre bus pour Sid, à la frontière avec la Croatie.

La Serbie et la Macédoine aussi sur le banc des accusés

En juillet dernier, Amnesty International avait par ailleurs dénoncé les violences commises envers les réfugiés et les migrants dans un rapport établi à partir de quatre enquêtes réalisées en Serbie, en Hongrie, en Grèce et en Macédoine entre juillet 2014 et mars 2015 et au cours desquels plus de 100 migrants ont été interrogés.

L’ONG affirmait que : “Les réfugiés et les migrants qui transitent par les Balkans sont exposés à de violents abus (…) de la part des autorités et des criminels locaux, ils ont été honteusement abandonnés par l’UE et sa politique envers les migrants, qui les a laissés sans protection en Serbie et en Macédoine.”

Depuis la publication du rapport d’Oxfam, hier, pas de réponse de Sofia. Mais mardi, le Président bulgare Rosen Plevneliev déclarait que “la vague de réfugiés actuelle représentait la plus grande menace pour la Sécurité nationale”, comme l’explique cet article de l’agence d’informations de Sofia, novinite : http://www.novinite.com/articles/171744/Bulgarian+President+Identifies+Refugees+as+Posing+Greatest+Threat+to+National+Security#sthash.8ig3ENj1.dpuf.

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