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Deux forcenés tués et sept interpellations dans une opération antiterroriste à Saint-Denis

Saint-Denis en état de siège pendant plus de 6 heures. Le centre-ville de cette commune de la banlieue nord de Paris a été le théâtre d’une opération

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Deux forcenés tués et sept interpellations dans une opération antiterroriste à Saint-Denis

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Saint-Denis en état de siège pendant plus de 6 heures. Le centre-ville de cette commune de la banlieue nord de Paris a été le théâtre d’une opération antiterroriste d’envergure mercredi matin.
Dans l’appartement visé, se trouvaient au moins cinq personnes, selon les premiers éléments. L’opération visait le jihadiste belge Abdelhamid Abaaoud, considéré comme le cerveau des attentats de Paris. Les enquêteurs surveillaient ses proches, ce qui les a conduits à Saint-Denis, selon une source policière.

L’opération, qui avait commencé à 4h20 dans un déluge d’explosions et de tirs lors d’un premier assaut, s’est terminée aux environs de 11h30 tout près du Stade de France, où trois kamikazes se sont fait exploser vendredi dernier lors des attentats qui ont fait au moins 129 morts.

Deux jihadistes présumés ont été tués dans l’assaut. Une femme retranchée dans cet appartement est morte après avoir activé son gilet explosif lors de l’assaut du RAID, un première en France et un homme a été tué par des tirs, a expliqué le procureur de la République François Molins sur place, aux côtés du ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve. “Dans le cadre de cette enquête, beaucoup de travail a été effectué et a permis d’obtenir par la téléphonie, les surveillances et les témoignages des éléments qui pouvaient laisser penser que le nommé Abaaoud était susceptible de se trouver dans un appartement conspiratif à Saint-Denis”, a dit le procureur de Paris.
Les identifications sont en cours pour déterminer l’identité des deux suspects décédés, a-t-il ajouté.

Sept personnes ont été interpellées à l’issue de cette opération, dont un homme qui semble avoir fourni le logement et a dit avant d‘être interpellé avoir hébergé deux personnes “qui venaient de Belgique”, là où résidaient plusieurs des assaillants de vendredi soir. Trois hommes ont été extraits vivants de l’appartement par le RAID et placés en garde à vue, a dit le procureur, ce qui pourrait donner aux enquêteurs de précieuses indications.
Quatre autres interpellations ont été effectuées, dont, selon le procureur, un homme et une femme à proximité immédiate.

La police nationale a annoncé que cinq policiers du RAID avaient légèrement blessés au cours des échanges de tirs.

Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a salué le travail des policiers du Raid et de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI), “110 en tout”, “qui sont intervenus de façon extrêmement courageuse (…) essuyant le feu pendant de nombreuses heures”. Il a aussi souligné “le sang-froid des habitants de Saint-Denis”.

Le président François Hollande a appelé mercredi les Français à ne pas céder “à la peur”, après les attentats. L’opération antiterroriste menée mercredi à Saint-Denis au nord de Paris “nous confirme une fois encore que nous sommes dans la guerre, une guerre contre le terrorisme qui lui-même a décidé de nous mener la guerre” a-t-il déclaré dans un discours devant les maires des villes françaises réunis à Paris.

Le président a annoncé aux maires que des polices municipales, complémentaires de la police et de la gendarmerie, pourront être équipées avec des armes du stock de la police nationale. En France, les 3.900 polices municipales ne sont en principe pas armées.

Les jihadistes présumés contre lesquels les forces de l’ordre ont donné l’assaut projetaient un attentat dans le quartier d’affaires de La Défense, a-t-on appris de source proche de l’enquête.

Deux des auteurs présumés des attaques de vendredi sont activement recherchés, Salah Abdeslam et un second homme encore non identifié. Tous deux étaient dans la Seat noire utilisée pour attaquer des terrasses de bars et de restaurants dans le 11e arrondissement de la capitale.