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Egalité hommes-femmes : quels progrès ?

Sans surprise, en ces temps troublés, la nouvelle est passée inaperçue. Il y a tellement plus à placer à la une que l‘égalité hommes-femmes. Le

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Egalité hommes-femmes : quels progrès ?

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Sans surprise, en ces temps troublés, la nouvelle est passée inaperçue. Il y a tellement plus à placer à la une que l‘égalité hommes-femmes. Le rapport publié la semaine dernière par le World Economic Forum de Davos mérite néanmoins que l’on s’y attarde.

L’organisation observe la tendance sur une dizaine d’années et le constat n’est pas très reluisant. A en croire ce rapport, les femmes gagnent aujourd’hui en moyenne ce que les homme gagnaient il y a dix ans. Le fossé est lentement comblé, mais si lentement qu‘à ce rythme-là il faudra 118 ans pour atteindre la parité salariale. Au jour d’aujourd’hui, une femme gagne en moyenne 11 000 dollars par an. C’est 10 000 de moins qu’un homme, précise le rapport.

Les indicateurs utilisés par le World Economic Forum s’articulent autour de quatre piliers : économie, politique, santé et éducation. Sur les 145 pays du classement, les pays nordiques arrivent largement en tête. L’Islande est numéro un, suivie de la Norvège, la Finlande et la Suède. La France – qui était 45ème il y a deux ans encore – passe à la 15ème place, mais elle le doit essentiellement à la parité au sein du gouvernement Valls. Pour ce qui est des salaires, l’Hexagone est parmi les derniers. Quant à la la Belgique, elle se classe au 19ème rang.

Les pays du peloton de tête se caractérisent souvent par une politique très volontariste, quitte à imposer une discrimination positive comme la présence de 40% femmes dans les conseils d’administration des sociétés norvégiennes cotées en bourse.

L‘éducation et la santé sont aussi comptabilisées comme des facteurs-clé. Dans ces deux domaines, l‘écart entre les hommes et les femmes est en passe de disparaître dans les 145 pays répertoriés. Pour autant, cela ne semble pas avoir d’incidence directe sur le niveau des salaires ou les responsabilités dans l’entreprise et en politique, comme le montre le graphique ci-dessous.

Dans la sphère politique, la situation évolue progressivement. 50% des pays concernés ont déjà placé une femme à la tête de l’Etat ou du gouvernement. Mais elles ne représentent que 19% des parlementaires et 18% des ministres. Une part encore infime malgré l’introduction graduelle de systèmes paritaires, notamment en Europe.

Peut-être l’exemple canadien fera-t-il des émules. A une journaliste qui lui demandait pourquoi il avait constitué un gouvernement parfaitement paritaire, qui plus est en confiant des postes aussi importants que la Justice et le Commerce internationale à des femmes, le nouveau Premier ministre Justin Trudeau s’et contenté de répondre : “ Parce que nous sommes en 2015. “