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WISE Awards 2015 : Nafham en Egypte et Educate! en Ouganda


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WISE Awards 2015 : Nafham en Egypte et Educate! en Ouganda

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Un enseignement de qualité et pertinent et des équipements adaptés font défaut dans de nombreux établissements scolaires en Afrique et dans les pays arabes. WISE, le Sommet mondial sur l’innovation en éducation, a récompensé six projets pour les solutions originales qu’ils proposent. Dans cette édition, nous nous intéressons à deux d’entre eux en Egypte et en Ouganda.

Educate! veut éveiller l’esprit d’entreprise chez les jeunes Ougandais

L’Ouganda dans l’est de l’Afrique affiche des taux de chômage et de pauvreté record chez les jeunes. C’est en partie dû au fait que 78% de la population ougandaise a moins de trente ans et que son système éducatif s’avère peu performant. Dans ce contexte, l’initiative Educate! trouve toute sa place. Elle “donne aux jeunes, une occasion de faire l’expérience de la création d’entreprise au sein même des établissements et en travaillant en équipe, explique Francis Ndagize d’Educate! avant d’ajouter : Quand ils ont fini leur scolarité, ils sont capables de solliciter d’autres personnes et de créer une société à plusieurs ou tout seul.”

Educate! forme les enseignants à son modèle éducatif basé sur la pratique. Ce programme mené lors des deux dernières années du lycée prend aussi la forme d’un soutien après la fin du secondaire. Des dizaines de tuteurs – souvent d’anciens participants – interviennent dans environ 250 établissements du pays une fois par semaine pour transmettre des connaissances générales et spécialisées.

D’après les chiffres d’Educate!, sur les deux premières promotions qui ont achevé le programme, les diplômés accèdent à de meilleures rémunérations en fin de cursus. Ils sont 94% à diriger une entreprise, à occuper un emploi ou à faire des études universitaires. Les participants au programme ont de nouvelles perspectives pour leur avenir dans tous les domaines d’activité, notamment l’agriculture. L’objectif d’Educate!, c’est que d’ici dix ans, un million de jeunes ait participé au programme dans dix pays d’Afrique subsaharienne.

Nafham, une plate-forme internet pédagogique gratuite

Dans le monde arabe, de nombreuses écoles publiques sont confrontées à des classes surchargées et à l’absentéisme des enseignants. Le partage de connaissances sur internet pourrait-il aider ? Pour les initiateurs du projet Nafham en Egypte, la réponse est oui. Nafham, c’est une plate-forme en ligne de contenus éducatifs.

Au Caire, Sayed, 18 ans, fait partie des internautes qui l’alimentent. Nous le rencontrons alors qu’il tourne une vidéo dans le Vieux Caire sur le Califat fatimide. “Je tourne des petites vidéos éducatives pour les élèves de 11 ans, explique Sayed, j’essaie d’utiliser des termes simples et d’expliquer simplement les choses. A l‘école, poursuit-il, ils n’utilisent que des cartes et des dessins ; moi, je préfère leur montrer les choses dans l’environnement réel : cela les aide à apprendre leurs leçons.”

Les vidéos hébergées par cette plate-forme créée en 2012 respectent les programmes scolaires, elles s’adressent aux élèves d’Egypte, mais aussi d’Arabie saoudite, d’Algérie, de Syrie et du Koweit. Ils sont 500.000 chaque mois à visiter ce site gratuit qui complète l’enseignement dispensé en cours sachant que les classes sont souvent surchargées et les enseignants régulièrement absents. “Le principal objectif de Nafham, c’est de résoudre les problèmes éducatifs en Egypte, mais aussi dans le monde arabe et il y en a beaucoup, souligne Mostafa Farahat, cofondateur de Nafham. Ce qui est nouveau avec notre concept, c’est que nous demandons à la société – aux parents, aux élèves et même aux professeurs – de contribuer. (…) Il y a une continuité : ils apprennent et ensuite, ils enseignent aux autres ; c’est cela, l’esprit de l‘éducation.”

Dans l’agglomération du Caire, à l‘école internationale Brilliance qui accueille mille élèves, les enseignants ont l’habitude d’utiliser les vidéos de Nafham en classe. “Le but de Nafham, c’est de rendre les élèves autonomes et responsables, souligne le professeur Tamer Nemr, grâce à ce programme, ils peuvent aussi travailler à la maison et apprendre à se former eux-mêmes.” Ziyad, un élève de 11 ans, renchérit : “Parfois, en classe, les élèves font trop de bruit, c’est difficile de rester concentré et de comprendre la leçon. Quand je regarde une vidéo tout seul à la maison, je comprends tout,” conclut-il.

Nafham qui signifie “comprenons” en arabe propose aussi des supports de formation pour tous les âges.

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