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L'oeuvre du "Dialogue national tunisien" en proie aux jihadistes


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L'oeuvre du "Dialogue national tunisien" en proie aux jihadistes

Ils ont une foi inébranlable dans le dialogue, l’arme ultime pour protéger la jeune démocratie tunisienne. Ils ont formé un quartet dont personne ne peut plus ignorer le nom : le “Dialogue national tunisien” qui vient d‘être récompensé par le Nobel de la Paix. La France avait aussi remis la Légion d’honneur à ses représentants il y a quelques jours (8/12).

Les terribles attaques qui ont frappé Tunis, le même mois que Paris, vise aussi à faire échouer le processus démocratique. Il faut aider cette démocratie naissante en Tunisie pour sauver la paix en Tunisie, en France et partout dans le monde“, avait alors déclaré le président de la Ligue tunisienne des Droits de l’homme, Abdessatar Ben Moussa.

Composé de quatre acteurs de la société civile, syndicalistes (UGTT), entrepreneurs (organisation patronale Utica), avocats et défenseurs des Droits de l’Homme, c’est en 2013 que le quartet a lancé un “dialogue national” entre islamistes du parti Ennahda alors au pouvoir et leurs opposants, sauvant ainsi la démocratisation du pays, environ deux ans après la révolution de Jasmin et des décennies de dictature.

Grâce au travail du quartet, les extrêmes politiques ont donc discuté, fait des compromis. Un gouvernement d’indépendants a été mis en place. Et les Tunisiens ont finalement adopté une constitution progressiste qui protège notamment la liberté de culte et les droits des femmes en janvier 2014.

A la fin de l’année, les Tunisiens ont ainsi élu avec toutes les garanties démocratiques le Président de la République, Béji Caïd Essebsi.

Mais la jeune démocratie est fragile et reste une proie pour les islamistes radicaux.

Selon des sources de l’ONU, 5 500 Tunisiens seraient partis pour faire le jihad en Syrie, en Irak ou en Libye. Et 500 jeunes en sont revenus.

Le 18 mars 2015, le musée du Bardo a été pris d’assaut par des jihadistes qui ont tué 22 personnes.

Une deuxième attaque du même style a tué 38 touristes, en juin, sur une plage, près de Sousse.

A deux reprises, cette année, le président Essebsi a donc dû décréter l‘état d’urgence : après Sousse, de juin à début octobre, et puis finalement le 24 novembre immédiatement après l’attaque à la bombe revendiquée par Daech, attaque contre un bus de la garde présidentielle qui a fait 12 morts.

Et ironie de l’Histoire, un député de Nidaa Tounes, parti de la coalition gouvernementale, vient tout juste d‘être la cible d’une tentative d’assassinat.

L’oeuvre du quartet n’est donc pas terminée…

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