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Quel résultat en 2016 pour les politiques de relance économique


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Quel résultat en 2016 pour les politiques de relance économique

Bienvenue sur Business Middle East, c’est notre dernier épisode de la saison.
Les marchés des devises à la dérive, politiques de soutien en Europe, lundi noir en Chine, hausse des taux par la FED aux Etats-Unis et bien sûr, le prix du baril de brut qui s’enfonce dans l’inconnu : cette édition revient sur 2015 et liste les prévisions 2016 pour les marchés du MENA, les marchés du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord.

Pour en parler Nour Eldeen Al-Hammoury, responsable en chef des stratégies marchés chez ADS Securities, à Abu Dhabi.

- Daleen Hassan Euronews : Nour, vous étiez toute l’année avec nous pour analyser les évènements importants, comment résumer cette année pour les marchés?

- Nour Al Hammoury : Et bien Daleen, pour résumer, cette année a été marquée par l’incertitude et les mauvaises surprises pour l‘économie et les marchés.

- Daleen Hassan, Euronews : Nour, il y avait une sorte de consensus parmi les économistes.
Commençons par les Etats-Unis. La FED a pris la décision historique d’augmenter son taux d’intérêt, mais le long débat autour de ces taux a suscité une cetaine volatilité sur les marchés émergents et sur les actions, le dollars s’est renchérit de 11% et l’inflation américaine reste limitée.

Comment l‘économie américaine va-t-elle réagir à la hausse des taux d’intérêt ? Quelle est la prochaine étape pour la FED ?

- Nour Al Hammoury : Si la hausse du dollar persiste, l‘économie américaine pourrait se retrouver sous pression en 2016, en particulier en termes de croissance et d’inflation, ce qui pourrait conduire la FED à différer considérablement toute nouvelle mesure visant à renforcer sa politique, à moins que cela se passe à l’inverse. Dans ce cas-là, la FED aurait peut-être à revoir sa décision de décembre.
Nous estimations sur la politique de la FED se sont verifiées toute l’année en ce qui concerne l’agenda de la hausse des taux. Maintenant, après la hausse de son taux directeur, la FED sera en alerte sur tous les développements et les chiffres de l‘économie qui seront la clef de ses prochaines décisions

La zone euro et l’Asie

- Daleen Hassan Euronews : Il semble bien que la prudence doit être de mise aux Etats-Unis mais aussi en Europe. Au mois de mars, la Banque Centrale européenne a engagé une politique d’assouplissement quantitatif. Ce fut une année difficile pour Mario Draghi, le président de la BCE qui a défendu la poliitique de soutiens de la banque en espérant la relance de l’euro zone. Depuis le début de l’année, l’euro a perdu environ 13% et on note quelques notes positives comme l’inflation, le taux de croissance et quelques fremissements sur le marché du travail.

Le programme d’assouplissement quantitatif aura-t-il des résultats positifs sur l‘économie Européenne l’année prochaine? Comment voyez vous les choses?

- Nour Al Hammoury : La BCE avait raison et a pris la bonne décision au bon moment. Les premiers signes de redressements sont apparu huit mois après avoir engagé le programme d’assouplissement quantitatif.
La baisse de l’euro et la politique de soutien de la BCE pourraient à eux deux suffir à garantir la stabilisation et le redressement en 2016.
On s’attend à la poursuite du redressement mais le problème pourrait venir du ralentissement prolongé de l‘économie globale. Si c’est le cas, cela pourrait être un élément négatif pour les marchés européens au premier semestre 2016.
Rappelons aussi qu‘à l’instar de la FED, la Banque d’Angleterre pourrait augmenter son taux directeur en 2016, ce qui pourrait placer sous pression les actions en Grande Bretagne et en Europe.

- Daleen Hassan Euronews : Vous mentionnez la pressions sur les actions, nous devons parler du marché des actions en Asie. Le marché chinois a traversé une zone de turbulences avec le Lundi Noir et les ventes sans précédent notamment sur les marchés asiatiques.
Les mesures de soutien de la Chine n’ont pas empêché l‘économie de ralentir mais le yuan a intégré le panier des devises de réserves au moment où le Japon ne parviens pas à enrayer la recession.

Quel sera l’année 2016 pour les actions et les devises asiatiques?

- Nour Al Hammoury : Malgré tout ce que nous avons entendu cette année sur le ralentissement économique chinois, nous pensons que ce ralentissement est normal : le Yuan chinois a intégré le panier des devises de réserves avec le poids considérable de 11% et cela démontre la solidité de l‘économie chinoise et elle devrait se renforcer l’année prochaine. D’ailleurs, sur le long terme, le marché chinois pourrait présenter des niveaux attractifs pour les investisseurs, en particulier après l’entrée du Yuan dans le panier des devises de réserve. On s’attend à ce qu’un trillion de dollars soit investis sur le marché chinois ces cinq prochaines années.
Quant au Japon, malgré un troisième semestre négatif, les derniers mois ont été encourageants et nous privilégions le yen japonais. Nous pensons qu’en 2016 le yen a un bon potentien face aux devises de réserves.

- Daleen Hassan Euronews: Restons en Asie en nous déplaçant vers le Moyen Orient. Il semble bien que la prudence doit être de mise aux Etats-Unis, mais aussi en Europe. Au mois de mars, la Banque Centrale européenne a engagé une politique d’assouplissement quantitatif. Ce fut une année difficile pour Mario Draghi, le président de la BCE qui a défendu la politique de soutiens de la banque en espérant la relance de l’euro zone. Depuis le début de l’année, l’euro a perdu environ 13 % et on note quelques notes positives comme l’inflation, le taux de croissance et quelques frémissements sur le marché du travail.

Le programme d’assouplissement quantitatif aura-t-il des résultats positifs sur l‘économie européenne l’année prochaine ?

- Nour Al Hammoury : La BCE avait raison et a pris la bonne décision au bon moment. Les premiers signes de redressements sont apparu huit mois après avoir engagé le programme d’assouplissement quantitatif. La baisse de l’euro et la politique de soutien de la BCE pourraient à eux deux suffire à garantir la stabilisation et le redressement en 2016. On s’attend à la poursuite du redressement, mais le problème pourrait venir du ralentissement prolongé de l‘économie globale. Si c’est le cas, cela pourrait être un élément négatif pour les marchés européens au premier semestre 2016. Rappelons aussi qu‘à l’instar de la FED, la Banque d’Angleterre pourrait augmenter son taux directeur en 2016, ce qui pourrait placer sous pression les actions en Grande-Bretagne et en Europe.

- Daleen Hassan, Euronews : Quelles ont les prévisions pour le prix du baril et le MENA l’année prochaine?

- Nour Al Hammoury: Les facteurs à l’origine de la chute des prix du brut se sont déjà fait ressentir. Les prix sont aujourd’hui les plus bas depuis 2008 et ce sont les mêmes niveaux qu‘à l‘époque où le pétrole a commencé sa remontée jusqu‘à 100 dollars. 2016 pourrait donc être une année de stabilisation et de croissance des prix du brut. Quant à l’OPEC, une réunion d’urgence pourrait avoir lieu si les prix se maintiennent. Et en particulier avec l’arrivée la production du brut iranien dont parlent plusieurs membres de l’OPEC.
Concernant les actions du MENA, la pression pourrait se maintenir en 2016, mais les valeurs ont montré leur capacité de rebond l’année passée, et cela, même si la région traverse depuis cinq ans des tensions géopolitiques importantes : le marché des valeurs pourrait être aujourd’hui proche de son plus bas niveau, et ces prix très bas sont, peut être, en mesure d’attirer des acheteurs, un phénomène qu’on a déjà observé.

- Daleen Hassan, Euronews : les investisseurs du monde entier ont fait leurs listes de Noël après une année difficile. Concernant les échanges, sur quoi faut-il garder un œil en 2016 ?

- Nour Al Hammoury: Sur le marché de devises, le yen japonais conserve notre préférence l’année prochaine.
Les traders doivent faire très attention aux chiffres de l‘économie, en particulier en provenance des Etats-Unis. On ne sait encore quel sera l’impact économique de la hausse du taux directeur. sur les émissions obligataires à haut rendement, celles du secteur de l‘énergie. sur les émissions obligataires à haut rendement, celles du secteur de l‘énergie. Il faut suivre tout cela avec attention : l’impact sera plus important que par le passé.
Il y a de nombreux défis à relever durant le premier semestre et beaucoup d’incertitudes en ce qui concerne la profitabilité des sociétés dans le monde dans un contexte général déprimé et d’instabilité des prix du brut.
Il faut donc prendre le temps de la réflexion avant d’arrêter ses décisions, sur le court comme le moyen terme.
J’espère que 2016 apportera d’avantage de stabilité sur les marchés, merci Nour et vos analyses cette année.

Nour Al Hammoury : Espérons le et merci de m’avoir accueilli.

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