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Une présidentielle en Centrafrique pour une paix durable

Elle a été maintes fois reportée et personne ne pouvait être sur que le scrutin serait maintenu. La présidentielle en Centrafrique aura quand même

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Une présidentielle en Centrafrique pour une paix durable

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Elle a été maintes fois reportée et personne ne pouvait être sur que le scrutin serait maintenu. La présidentielle en Centrafrique aura quand même bien lieu ce mercredi, après trois ans de guerre civile et dans un climat plus qu’instable. Trente candidats sont inscrits, trois sont favoris : deux anciens Premiers ministres du défunt président Ange-Félix Patassé, Anicet Georges Dologuélé et Martin Ziguélé, ainsi que Abdoul Karim Méckassoua, plusieurs fois ministres de François Bozizé. Aucun ancien président ne se présente. Objectif : une paix durable et le redressement de l‘économie.

Point of view

Vouloir la paix et ne plus entendre le bruit des armes

Richard Ouanga, professeur de droit à l’Université de Bangui veut y croire : “Je suis convaincu que les Centrafricains vivront ensemble comme par le passé, parce que ce n’est qu’un groupe d’individus qui sème le désordre dans le pays, et la preuve c’est que vers la fin de la semaine dernière au PK-5, les musulmans ont marché contre les autres pour dénoncer ceux qui sont les fauteurs de trouble au PK-5.”

Le kilomètre 5, c’est ce quartier musulman de Bangui où les habitants ont manifesté mi-décembre contre les extrémistes musulmans qui tentaient d’empêcher un référendum plus tôt dans le mois, demandant l’aide des Casques bleus présents dans le pays. Mais dans ce pays à 80% chrétien, les violences entre les deux communautés ne cessent pas depuis trois ans. Elles ont ralenti depuis le cessez-le-feu, mais la situation est toujours tendue.

En décembre 2013, la France envoie plusieurs milliers de soldats pour ramener le calme. Le pays a sombré dans le chaos quelques mois plus tôt. Le renversement du président Bozizé, en mars 2013, par la rébellion à dominante musulmane Séléka de Michel Djotodia, a précipité le pays dans un cycle de violences intercommunautaires qui a culminé fin 2013 par des massacres à grande échelle et le déplacement de centaines de milliers de personnes, à Bangui et en province.

Accusé par la communauté internationale d’inaction, Michel Djotodia a finalement été contraint à la démission début 2014. Catherine Samba Panza assure depuis la transition. Première femme à la tête du pays, elle appelle immédiatement les parties prenantes au conflit à déposer les armes.

En juillet de la même année, les belligérants signent à Brazzaville un accord de cessez-le-feu qui prévoit notamment la formation d’un gouvernement d’union nationale.

Parmi les trois favoris à la présidentielle, Anicet Georges Dologuélé, économiste de formation, ex-Premier ministre, surnommé “Mr Propre”. Pour lui, le pays n’est pas encore tiré d’affaire : “Vous pouvez faire tous les discours de réconciliation que vous voulez, vous pouvez faire signer tous les actes de réconciliation que vous voulez, tant que vous n’avez pas fourni à votre peuple de quoi manger, les conditions de crise sont toujours là.”

La Mission des Nations unies (Minusca) est mobilisée pour assurer la sécurité du vote et aider à l’acheminement du matériel électoral.
Les forces de sécurité nationales (armée, gendarmerie, police) commencent aussi à être mobilisées dans les points de friction entre milices anti-balaka et ex-rébellion Séléka.

Dans ce pays de 4,8 millions d’habitants, les électeurs, chrétiens comme musulmans, se sont massivement inscrits sur les listes électorales. Pour eux, un seul objectif : “la paix et ne plus entendre le bruit des armes”.