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2015, une année aux enchères

Commissaires-priseurs et autres chargés de ventes aux enchères officiant pour de grandes maisons n’ont pas chômé cette année. Les coups de marteaux

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2015, une année aux enchères

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Commissaires-priseurs et autres chargés de ventes aux enchères officiant pour de grandes maisons n’ont pas chômé cette année. Les coups de marteaux se sont abattus aux quatre coins du monde pour sceller le sort d’objets qui ont atteint des sommes gigantesques, parfois en établissant des records mondiaux. Retour sur les grandes ventes de 2015.

Une toile de Pablo Picasso, Les Femmes d’Alger, Version O s’est octroyé le record de l’œuvre d’art la plus chère vendue aux enchères. Le tableau a été adjugé à 179 365 000 $ chez Christie’s, le 11 mai à New York. Cette toile de 1954 fait partie d’une série de quinze tableaux (numérotés de A à O) réalisés en hommage à Henri Matisse.

Mais si la somme laisse pantois, la vente d’un Paul Gauguin, dans le cadre d’une transaction privée au début de l’année, est allée encore plus loin. En effet Quand te maries-tu ?, de 1892, a changé de main pour un montant avoisinant les 300 millions de dollars. Nafea Faaipoipo, le titre de cette œuvre en VO, représentant deux femmes de Tahiti, si chère à Gauguin, va quitter la Suisse où elle était exposée depuis plusieurs décennies pour rejoindre le Qatar.

L’homme au doigt d’Alberto Giacometti est devenu en mai dernier la sculpture la plus chère de l’histoire. Cette œuvre en bronze de plus de 1,80m a été vendue 148 280 000 $ par Christie’s, à New York le 11 mai, lors de la même vente que le Picasso.

Les ventes de voitures de collection ont atteint également des sommets. En la matière, une Ferrari de 1956, une 290 MM, ayant la particularité d’avoir été pilotée par Juan Manuel Fangio lors de l‘épreuve des Mille Miglia, en Italie, cette même année 1956, a été adjugée 28 millions de dollars par Sotheby’s en décembre.

Une autre production du cheval cabré a également fait les gros titres cette année. Une 250 GT spider California de 1961, ayant appartenu à l’acteur français Alain Delon, et retrouvée pleine de poussière et couverte de détritus dans une grange familiale, est partie pour 16,3 millions d’euros lors d’une vente organisée à Paris en février par la maison française Artcurial.

En novembre, un collectionneur de Hong Kong a également affolé les compteurs. Lors d’une vente organisée à Genève autour des pierres précieuses, l’homme a acquis un diamant bleu de 12,03 carats pour plus de 48 millions d’euros, un record en la matière. La veille, ce même acheteur s’était déjà illustré en s’adjugeant un autre diamant, rose celui-ci, pour 28,5 millions lors de cette même vente organisée par Sotheby’s.

Des objets, un poil insolite, ont également été mis en vente cette année, comme des montres ayant été portées par des astronautes. L’une d’entre elles a été vendue par RM Auction à Boston plus de 1,6 millions de dollars. La spécificité de cette Bulova Chronograph : avoir été portée par Dave Scott, le commandant de la mission Appolo 15 en 1971, lors de sa troisième sortie sur la lune.

Sans doute un brin opportuniste, Sotheby’s, en partenariat avec Ebay, a organisé une vente à New York consacrée à Star Wars au début du mois de décembre, avant la sortie mondiale de l’épisode VII de la saga, « Le Réveil de la Force ». Produits dérivés et jouets ont dépassé toutes les attentes. Au total, la vente a rapporté plus de 500 000 dollars. Une figurine à l’effigie de Luke Skywalker de 1978 a trouvé preneur pour plus de 25 000 dollars !

Au rayon des curiosités, la maison française Drouot a mis en vente une collection de météorites en décembre. Les 250 objets stellaires ont tous trouvé preneurs. Une météorite de plus de 110 kg a été le clou de la vente en partant à 130 000 euros. Le montant total de la vente, qui comprenait aussi des livres, des instruments et des minéraux, a atteint pratiquement 650 000 euros.

En décembre, un mois qui fut décidément très propice aux belles affaires, la vente de la fameuse bibliothèque Valmadonna, une collection de manuscrits hébraïques, a rapporté plus de 14,9 millions de dollars. Un très rare Talmud du XVIe, en neuf volumes, s’est négocié, à lui seul, 9,3 millions de dollars. L’ouvrage, acquis par une librairie spécialisée, est devenu l’objet rituel juif le plus cher du monde après cette vente organisée par Sotheby’s.

Encore plus insolite, en ce bicentenaire de la bataille de Waterloo, un gratte-langue ayant appartenu à l’empereur Napoléon Bonaparte a été adjugé à 18 000 € lors d’une vente organisée en décembre à Albi, dans le sud-ouest de la France. Ce petit objet, d’une longueur de quatre centimètres, composé d’un manche en écaille de tortue et d’une lame en or et accompagné de son étui en ivoire, a partagé le quotidien de Napoléon lors de son exil à Sainte Hélène.

Amateurs d’objets anciens et historiques, l’année 2016 s’annonce sous les meilleurs hospices. En effet, une bague datant du XVe siècle dont l’intérêt réside dans l’identité de la personne qui l’a portée, à savoir Jeanne d’Arc, va être mise aux enchères en février prochain au Royaume-Uni. La mise à prix de cette précieuse relique authentifiée par des experts sera de 10 000 €. Selon toute vraisemblance, cette vente risque de déchaîner les passions.