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Charlie Hebdo : "on est tous des traumas" témoigne un rescapé

Le 7 janvier 2015, Eric Portheault, directeur financier et coactionnaire de Charlie, a tout juste eu le temps de se cacher sous son bureau. C'est un rescapé qui se bat pour que son journal vive encor

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Charlie Hebdo : "on est tous des traumas" témoigne un rescapé

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Un an après le massacre, un million d’exemplaires sont sortis des rotatives. Un numéro spécial de Charlie Hebdo qui continue de moquer le sacré, et c’est ce qui importe pour l‘équipe du journal, les survivants et ceux qui les ont rejoint…

Point of view

On n'oubliera jamais, c'est quelque chose avec laquelle il faudra vivre.

Le 7 janvier 2015, Eric Portheault, directeur financier et coactionnaire de Charlie, a tout juste eu le temps de se cacher sous son bureau. C’est un rescapé qui se bat pour que son journal vive encore.

On est quand même tous des traumas… Il ne faut pas s’en cacher. On n’oubliera jamais, c’est quelque chose avec laquelle il faudra vivre. C’est très compliqué, mais on ne lâchera pas, on ne lâchera pas, parce qu’il ne faut pas que les terroristes aient gagné“.

Retour sur les faits

Depuis longtemps, Charlie Hebdo faisait l’objet de menaces. En 2011, déjà, après la publication des caricatures de Mahomet, apparues d’abord dans un journal danois, le siège du journal est incendié. Certains journalistes sont alors placés sous protection policière.

Mais le 7 janvier 2015, cette protection ne sert à rien contre les kalachnikovs des frères Kouachi.

12 personnes sont tuées le jour de la réunion hebdomadaire de la rédaction : Frédéric Boisseau (42 ans), Franck Brinsolaro, (49 ans), Jean Cabut, dit Cabu (76 ans), Elsa Cayat (54 ans), Stéphane Charbonnier, dit Charb (47 ans), Philippe Honoré, dit Honoré (73 ans), Bernard Maris (68 ans), Ahmed Merabet (40 ans), Mustapha Ourrad (60 ans), Michel Renaud (69 ans), Bernard Verhlac, dit Tignous (57 ans) et Georges Wolinski, dit Wolinski (80 ans).

L’enquête montrera plus tard que Saïd et Chérif Kouachi sont nés et se sont radicalisés à Paris et qu’ils étaient connus des services de police.

Leur fuite donne lieu à une chasse à l’homme dans le nord-est de Paris et s’achève à Dammartin-en-Goële, le 9 janvier, par l’assaut des forces de l’ordre contre une imprimerie et leurs morts.

Quasiment en même temps, le Français Amedy Coulibaly, une connaissance des Kouachi, prend en otage plusieurs personnes dans une supérette cacher, porte de Vincennes. Il a le temps de tuer quatre personnes; Philippe Braham (45 ans), Yohan Cohen (20 ans), Yohav Hattab (22 ans) et François-Michel Saada (63 ans); avant de mourir sous les balles des policiers du RAID et de la BRI qui parviennent à libérer une douzaine d’otages.
La veille, il avait tué une policière municipale à Montrouge. Il s’agissait de Clarissa Jean-Philippe, 26 ans.

Ces attaques entraînent une vague d’indignation et de soutien en France et à l‘étranger, pendant quelques jours, les manifestations se succèdent à Paris et dans le monde jusqu‘à la grande marche du 11 janvier à Paris où François Hollande reçoit des chefs d’Etats et de gouvernement venus d’Europe, des Etats-Unis, d’Afrique, d’Israël et des territoires palestiniens. Ils défilent suivis par plus d’un million de personnes…

Le slogan “Je suis Charlie” fait le tour du monde…

Ces attaques des 7,8 et 9 janvier 2015 ont inauguré une année sanglante pour la France qui s’est achevée par les attentats suicides et les fusillades du 13 novembre à Paris et la mort de 130 personnes…