DERNIERE MINUTE

Vous lisez:

Les Pays-Bas prêts pour les défis européens


Le bureau de Bruxelles

Les Pays-Bas prêts pour les défis européens

Depuis le 1er janvier les Pays-Bas assument la présidence tournante de l’Union européenne. La crise migratoire, la lutte contre le terrorisme ou encore la croissance, les défis politiques ne manqueront pas pendant ce semestre pour le gouvernement néerlandais. Notre journaliste Olaf Bruns a interrogé le Premier ministre Mark Rutte.
 
Euronews:
« Les dirigeants européens ont négocié pendant des mois un accord qui prévoit la relocalisation de 160 000 réfugiés actuellement bloqués en Italie et en Grèce. Mais jusqu‘à présent moins de 300 personnes ont bénéficié de ce dispositif et aucun aux Pays-Bas. Que peut faire la présidence néerlandaise ? »
 
Mark Rutte:
« En fait s’ils étaient vraiment bloqués en Italie et en Grèce ce serait relativement plus simple de mettre en œuvre ce programme. Le problème c’est qu’ils ne sont pas bloqués. Les réfugiés arrivent en Grèce et ensuite ils poursuivent leur chemin vers les Balkans et après vers la Slovénie, l’Autriche, et enfin l’Allemagne ou la Suède, et parfois ils poussent vers les Pays-Bas ou la Belgique. Ce que nous devons faire c’est créer des hotspots, des capacités d’accueil, en Grèce, et en Italie, même si l’Italie est un peu plus en avance dans le processus, mais il faut en faire plus. Une fois que ces centres d’accueil fonctionneront alors il sera possible de relocaliser ces personnes à partir des hotspots vers l’ensemble de l’Union européenne. »
 
Euronews:
« Monsieur le Premier ministre, la Suède et le Danemark ont réintroduit des contrôles entre leur frontière, certains pays l’ont déjà fait et d’autres pourraient suivre. Il semblerait que c’est l’avenir de l’espace Schengen qui est menacé. Vous même vous avez proposé en novembre de réduire le nombre de pays membre de la zone Schengen à cinq États. Quel est le plan maintenant pour sauver Schengen? »
 
Mark Rutte:
« En fait le gouvernement néerlandais n’a pas fait de proposition de la sorte. Ce que nous avons dit c’est qu’il faut envisager une situation où l’afflux de réfugiés reste à des niveaux aussi élevés que maintenant, même en hiver, avec des pics encore plus grands au printemps, alors il faut penser aux alternatives. Toutes les énergies doivent se concentrer sur la mise en œuvre de l’accord avec la Turquie, sur la construction des hotspots et des capacités d’accueil en Grèce et en Italie. Ce sera l’accent pour les deux prochains mois. »
 
Euronews:
« En avril il y aura un référendum aux Pays-Bas sur l’accord d’association entre l’Union européenne et l’Ukraine. Comment ferez-vous si la réponse était négative, ce qui est probable? »
 
Mark Rutte:
« Bien évidemment nous travaillons pour un résultat positif et je rappelle que ce référendum n’a pas été demandé par le gouvernement néerlandais. Il y a une loi aux Pays-Bas qui permet aux citoyens, à travers la collecte de signatures, d’organiser un référendum, une consultation populaire sur un point très précis. Voilà la situation.
Nous expliquerons clairement aux citoyens néerlandais pourquoi nous avons signé cet accord, parce que c’est dans notre intérêt. Premièrement, un accord de libre échange avec l’Ukraine peut entraîner de nouveaux profits pour les Pays-Bas et nous sommes une nation de marchands. Cela sera d’autant plus intéressant pour les Pays-Bas si l’Ukraine devient plus prospère. Deuxièmement il s’agit de construire une nation, un État de droit, de mettre en œuvre les droits de l’Homme, un projet pour lequel nous nous sommes battus au sein de l’Union européenne.
Les opposants à cet accord d’association pensent qu’il s’agit d’une première étape vers l’adhésion. Ce n’est pas le cas. Nous avons ce genre d’accords avec des pays d’Amérique latine, du Moyen-Orient et ils ne demandent pas pour autant leur adhésion, peut-être pour le concours de l’Eurovision mais pas l’Union européenne. »
 
Euronews:
« Très bien mais si l’issue est négative comment le gouvernement va-t-il répondre? »

Mark Rutte:
« Formellement nous devons prendre position car c’est une consultation populaire et la loi exige que le gouvernement prenne une position qu’il transmet au Parlement. Comment allons-nous gérer l’issue du référendum ; nous le verrons après le 6 avril, après le référendum. Bien évidemment votre question sous-entend que la réponse sera négative et je vais m’investir pleinement pour obtenir une issue positive. »

Chaque histoire peut être racontée de plusieurs manières differentes : retrouvrez les perspectives des autres journalistes d'euronews dans nos autres équipes linguistiques.

Prochain article

Le bureau de Bruxelles

Un programme ambitieux pour la présidence de l'UE