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Cologne, Angela et les réfugiés : "nous y arriverons" ?

Eté 2015, une vague de solidarité sans précédent saisit l’Allemagne : des dizaines de milliers d’Allemands s’engagent pour aider les nouveaux

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Cologne, Angela et les réfugiés : "nous y arriverons" ?

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Eté 2015, une vague de solidarité sans précédent saisit l’Allemagne : des dizaines de milliers d’Allemands s’engagent pour aider les nouveaux réfugiés à s’installer, et ça dure…En un an, ils sont plus d’1 million de migrants, dont la moitié de Syriens à demander l’asile.

Point of view

Personne ne me fera croire que cela n'a pas été coordonné ou préparé

La chancelière allemande est louée pour sa politique d’accueil humanitaire, elle y voit une chance pour son pays, et le répétait encore lors de ses voeux de nouvelle année : “_Je suis convaincue que si nous nous attaquons correctement aujourd’hui à cette formidable tâche que représente l’intégration de tant de personnes, alors demain cela représentera une grande chance pour nous, parce que cela engendre de superbes actions civiles et des mesures politiques compréhensives”

Mais les attaques en masse de la nuit du nouvel an à Cologne ont changé la donne et instillé le doute dans la population sur la capacité des autorités à intégrer cette vague de migrants. Désormais, 57 % des Allemands redoutent une hausse de la criminalité.

Angela Merkel est obligée de durcir le ton :
Le droit de résidence et le droit d’asile en Allemagne peut être retiré si quelqu’un est condamné peu importe la sentence, si c’est une peine avec sursis ou non.

Nombreux sont ceux qui appellent à ne pas jeter la suspicion sur les réfugiés, mais les groupes d’extrême-droite ont été prompts à instrumentaliser ces attaques de Cologne pour demander l’arrêt de l’afflux de migrants. Cologne a d’ailleurs connu sa plus grande manifestation anti-migrants et des heurts, samedi.

De nombreuses questions entourent aussi le rôle de la police. La nuit du nouvel an, selon, Ralf Jäger, ministre de l’Intérieur de l’Etat régional de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, près d’un millier d’hommes d’origine arabe et d’Afrique du Nord se sont rassemblés devant la gare de Cologne, près de la cathédrale, des heurts ont éclaté, la foule a été dispersée, puis elle a pu à nouveau s’y rassembler, les centaines d’agressions se sont déroulées dans ce laps de temps.

Depuis, le chef de la police a été suspendu pour “action inacceptable”.

Une trentaine de suspects ont été arrêtés, dont 22 demandeurs d’asile. Ils sont originaires d’Afrique du Nord et du monde arabe selon les autorités, mais pas forcément arrivés en Allemagne en 2015.

Comment la police a-t-elle pu être ainsi débordée ? Les violences ont-elles été organisées ?

Des témoins évoquent une coordination, des hommes qui donnaient des instructions à d’autres.

La semaine dernière, le ministre de la Justice Heiko Maas déclarait : “Les auteurs doivent être punis. Nous devons urgemment clarifier si c’est une nouvelle forme de crime organisé contre lequel l’Etat doit prendre des mesures.

Mais aujourd’hui Heiko Maas n’a plus beaucoup de doute. Il a expliqué que “quand une telle horde se rassemble pour enfreindre la loi, cela paraît sous une forme ou une autre planifié, prémédité. Personne ne me fera croire que cela n’a pas été coordonné ou préparé.

Dans un tel contexte, le mantra d’Angela Merkel sur les réfugiés, “nous y arriverons” est de plus en plus inaudible à l’intérieur du pays…

Et beaucoup expriment leurs craintes de voir des attaques similaires à celles de Paris perpétrées sur le sol allemand.

Les conséquences de cette crispation peuvent être nombreuses : outre la procédure facilitée d’expulsion pour les demandeurs d’asile enfreignant la loi, plusieurs responsables veulent par exemple ne plus laisser le choix de la domiciliation aux réfugiés et leur imposer le lieu de résidence afin d‘éviter qu’ils se concentrent dans les grandes villes.