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David Bowie, "le colosse" de la glam star à Blackstar

Martin Talbot, critique musical et directeur de The official Charts company, la base de données la plus complète sur l’industrie de la musique

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David Bowie, "le colosse" de la glam star à Blackstar

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Martin Talbot, critique musical et directeur de The official Charts company, la base de données la plus complète sur l’industrie de la musique britannique, a répondu aux questions de notre journaliste Alasdair Sandford.

Il est clair que les admirateurs de Bowie ont été intimement bouleversés par l’annonce de sa mort, des gens disent déjà qu’ils se souviendront toujours où ils se trouvaient en apprenant la nouvelle. A quel point est-ce important ?

Martin Talbot :

“David Bowie était un colosse absolu de l’industrie de la musique, à l‘étranger également, parce que ce n‘était pas seulement un musicien, c‘était un colosse. On peut comparer sa mort, d’un point de vue musical, à celle d’Elvis Presley, des Beatles… Il y a en a peu finalement qu’on puisse mettre dans le même panier, c’est énorme, ça nous dépasse.”

Qu’en est-il de son dernier album Blackstar et du single qui vient de sortir. Il devait être malade quand il l’a fait. Comment le voyiez-vous maintenant et simplement est-ce que c’est un bon album ?

Martin Talbot :

“Je pense que que c’est une chose remarquable. Son producteur depuis longtemps Tony Visconti disait déjà de son vivant que sa vie était une oeuvre d’art, sa mort aussi est une oeuvre d’art. Son album est un album très sombre qui parle d’aller au Paradis, de regarder le monde d’en haut, et même dans le clip de Lazarus, il y a cette image de lui se relevant d’un lit comme s’il revenait d’entre les morts. Il y a énormément de messages à découvrir et il est clair qu’il savait ce qui allait se passer, qu’il savait qu’il ne resterait pas dans le coin longtemps pour faire la promotion de l’album ou le voir devenir un succès. Je pense qu’il savait que ce ne serait pas long après cela et que ce serait sa dernière contribution en tant qu’artiste, en tant qu’icône artistique de la musique…

Beaucoup a été dit sur la carrière de David Bowie, sur la manière qu’il avait de se réinventer constamment, qu’il était toujours en avance sur son temps, à quel point est-ce vrai ?

Martin Talbot :

“En une décennie, rien que dans les années 70, David Bowie a produit une demi-douzaine, peut-être 10 disques absolument novateurs et incroyablement importants. Mais à chaque fois, se réinventant lui-même en quelque sorte comme un genre d“acteur avant-gardiste, apparaissant sous les traits de différents personnages, de Ziggy Stardust, à Aladdin Sane, ou le Thin White Duke. Et après cette époque, on le sait maintenant, où il abusait de la drogue dans la seconde moitié des seventies, est arrivé ‘Scary Monsters’, de nouveaux personnages, et ‘Let’s Dance’ au début des années 80, sa période soul. Et même dans cette période, il a fait tellement de chose, c’est remarquable.”

Brièvement, son impact a été ressenti bien au-delà du monde de la musique, les hommages viennent du Premier ministre britannique comme du Vatican, le gouvernement allemand a déclaré qu’il avait contribué à la chute du mur de Berlin.

Martin Talbot :

“Bien sûr, il a joué un rôle immense dans l’Histoire de Berlin. Trois de ses disques les plus acclamés ‘Heroes, Low et Lodger’ ont été enregistrés en partie à Berlin dans un studio près du mur, à une époque, et c’est facile de l’oublier, à une époque où il n’y avait pas une grande scène culturelle à Berlin… Berlin n‘était pas à l‘époque sur la scène mondiale ce qu’elle est devenue après la trilogie, il a eu une relation très intime avec Berlin.”

Sources : Music Tank, Official Charts, Reuters, Associated Press