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#JeSuisTolo, s'indigner aussi du massacre de journalistes afghans


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#JeSuisTolo, s'indigner aussi du massacre de journalistes afghans

“Je suis Tolo”, ce slogan, traduit en langue persane, ne demande qu‘à se répandre en Afghanistan, tellement le massacre par les talibans de 7 employés de la chaîne d’information Tolo suscite d’indignation dans le pays. C’est en effet la première fois qu’un média afghan est frappé de plein fouet par les fondamentalistes islamistes, chassés du pouvoir en 2001. En octobre 2015, les talibans avaient prévenu que les deux principales chaînes de télévision, Tolo et 1TV, constituaient désormais pour eux des “cibles militaires”. Menaces parfaitement mises à exécution le mercredi 20 janvier dans le centre de Kaboul : un véhicule rempli à craquer d’explosifs lancé contre un minibus qui transportait du personnel de Tolo, et sept vies volatilisées, 25 autres personnes blessées.


Les victimes qu’il faut nommer, quatre hommes Mohammad Hossein, Mohammad Djavad Hosseini, Hossein Amiri et Mohammad Ali Mohammadi, et trois femmes, Zeynab Mirzai, Mehri Azizi et Maryam Ebrahimi, étaient jeunes, voire très jeunes comme Maryam, qui n’avait que 22 ans. Ses funérailles se sont déroulées vendredi dernier en Afghanistan mais sans ses parents, la mère est à l’hôpital au Pakistan, le père travaille comme simple ouvrier en Iran.


Une photographie de Maryam Ebrahimi :


Les condamnations de cet attentat sanglant ont été unanimes, de l’Union européenne au président américain Barack Obama, du Conseil de sécurité de l’ONU aux ONG Amnesty International et Human Rights Watch. En France, le secrétaire général de Reporters sans Frontières, Christophe Deloire, a déclaré : “Le djihadisme est l’un des pires prédateurs de la liberté de la presse”. Mais tout ce soutien ne suffit pas à consoler une bonne partie des Afghans qui restent bouleversés.

Des internautes afghans et iraniens, via les réseaux sociaux, ont légitimement interpellé les journalistes de notre service en langue farsi à Euronews. Pourquoi les Français, si mobilisés pour défendre la liberté d’expression après la tuerie à Charlie Hebdo le 7 janvier 2015, sont-ils si silencieux après une tragédie semblable qui endeuille la presse en Afghanistan ? Oui, après tout, les islamistes, qu’ils soient talibans, fous du “Dieu Etat islamique” ou du “Dieu Al-Qaïda”, ont tous le même but, faire taire définitivement ceux qui les combattent avec des armes plus sophistiquées, des paroles, des écrits, des dessins…C’est pour cela que certains persanophones aimeraient voir naître un mouvement comparable à celui de “Je suis Charlie”. Ce n’est qu’un début, mais nous avons reçu quelques dessins.


Je Suis Tolo

ToloNews

Dans tous les pays du monde, musulmans ou non musulmans qui sont pris pour cibles par le terrorisme islamiste, est mené exactement le même combat. Les talibans ont revendiqué l’attentat contre les employés de la chaîne d’information Tolo en écrivant : “C’est une revanche sur l’animosité de Tolo envers l’islam”. Un présentateur-vedette de cette télévision afghane, Fawad Aman, leur a répondu en direct à l’antenne : “Les ennemis de l’humanité et de la paix ont tué mes collègues. Ils en ont fait des martyrs pour nous faire taire, mais jamais ils n’atteindront leur but !”.

“En Afghanistan, tout le monde est une cible pour les talibans mais cette fois-ci, les journalistes étaient directement visés et cela donne l’alarme aux employés des médias”, a expliqué le journaliste afghan Shah Hossein Mortezavi à notre consoeur d’Euronews Maryam Shahi. “C’est une attaque contre tous les journalistes, a-t-il poursuivi, mais aussi contre la liberté d’expression en tant que telle. Cependant, les réactions de l’opinion publique et des institutions afghanes montrent que la valeur de cette liberté d’expression est en quelque sorte institutionnalisée dans le pays. Tolo TV n’a pas changé sa politique éditoriale après l’attentat, les autres médias non plus. Ils ne changeront jamais leur ligne, ils vont résister“.

Merci à mon collègue Amir-Behnam Masoumi pour sa collaboration.

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