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Egypte : la désillusion, 5 ans après le début de la révolution

De nombreux habitants ont le sentiment que les espoirs de liberté soulevés en 2011 sont retombés. Le président Al-Sissi, lui, assure que son pays est sur la bonne voie.

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Egypte : la désillusion, 5 ans après le début de la révolution

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Le Caire ce lundi matin. Peu de circulation sur la Place Tahrir. La police est largement déployée. Et pour cause, c’est aujourd’hui le 5ème anniversaire du début du soulèvement populaire.

Point of view

"Le soulèvement du 25 janvier, ça a été un rêve merveilleux dont il ne reste plus rien."

Le 25 janvier 2011, sur cette grande place du centre-ville, des milliers de personnes se rassemblaient pour réclamer le départ d’Hosni Moubarak.
Quelques jours plus tard, le président quittait le pouvoir.

>> Chronologie des événements, à lire ici

Pour autant, les espoirs soulevés par la révolution sont aujourd’hui retombés. L’Egypte est dirigée d’une main de fer par celui qui était chef du renseignement militaire sous Moubarak, Abdel Fattah al-Sissi.

Dans un discours, ce dimanche, le maréchal Al-Sissi a assuré que “l’Egypte d’aujourd’hui n’(était) pas celle d’hier“, et que son objectif était de “construire un Etat moderne, s’appuyant sur les valeurs de démocratie et de liberté“.

Les espoirs douchés

De nombreux observateurs estiment plutôt que le pays est à nouveau sous la coupe d’un régime autoritaire, certains estiment même que c’est pire que sous Moubarak.

Pour Karim Bitar, chercheur à l’Institut des relations internationales à Paris, il est “aujourd’hui clair que la contre-révolution a triomphé et que tous les espoirs ont été douchés“. “Après avoir été confisquée, la révolution a été enterrée“, affirme ce chercheur selon qui les nouvelles autorités ont “réussi à domestiquer la totalité des contre-pouvoirs traditionnels“ (justice, média, Parlement).

Les Egyptiens assistent, forcés, au retour de leur pays à un Etat policier“, déplore de son côté Saïd Boumedouha, d’Amnesty International.

Dans la rue du Caire, les passants ne cachent pas leur désillusion.

Le soulèvement du 25 janvier, ça a été un rêve merveilleux dont il ne reste plus rien. On rêvait que les choses allaient changer en Egypte.“, Gamal

Avant la révolution, je travaillais à Assouan. A l‘époque, il y avait plein de touristes. Après la révolution, tout a changé. Plus de boulot. C’est pour ça que je suis venu au Caire, pour trouver du travail.“ Mohamed

Difficultés économiques, climat d’insécurité

L‘économie est à la peine.

Le pays est, par ailleurs, confronté à des violences émanant de groupes djihadistes qui visent principalement les forces de l’ordre, mais qui entretiennent le sentiment d’insécurité.

Pour aller plus loin

>> “Egypte : qu’est devenue la génération Tahrir ?”, dossier de TV5 Monde, à voir ici

>> “Cinq ans après, n’oublions pas la révolte de la place Tahrir
“, tribune dans Le Monde, à lire ici