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Présidentielle américaine : quelle politique étrangère défendent les candidats

Dr. Ben Carson (Republican): En matière de politique étrangère, Ben Carson veut avant tout défendre l’héritage judéo-chrétien de l’Amérique

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Présidentielle américaine : quelle politique étrangère défendent les candidats

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Ben Carson Dr. Ben Carson (Republican):

En matière de politique étrangère, Ben Carson veut avant tout défendre l’héritage judéo-chrétien de l’Amérique, n’hésitant pas à afficher des positions anti-islam. L’ex-neurochirurgien, membre de l’Eglise adventiste, a notamment déclaré qu’un musulman ne devrait pas être autorisé à servir comme président des Etats-Unis.

La lutte contre le groupe Etat islamique est devenue la pièce centrale de son programme de politique étrangère. Il envisage d’envoyer des troupes au sol en Syrie et en Irak pour combattre les djihadistes.

Mais Ben Carson a souvent été critiqué pour son manque de connaissances, notamment du Moyen-Orient. Il a aussi été moqué pour ses bourdes, par exemple quand il a affirmé que les pyramides d’Egypte avaient été bâties pour stocker des céréales ou quand il avait estimé que les pays baltes devaient adhérer à l’Otan (ce qui est déjà le cas). Il s‘était aussi attiré les railleries pour sa mauvaise prononciation du mouvement palestinien Hamas (prononcé “hummus”). Il a aussi comparé les réfugiés syriens à des «chiens enragés».

Hillary Clinton Hillary Clinton (Democrat):

Secrétaire d’Etat de 2009 à 2013, Hillary Clinton a été l’une des architectes de la politique étrangère de Barack Obama. Elle défend ‘‘le pouvoir de l’intelligence’‘, soit une subtile combinaison des outils diplomatiques, économiques, militaires, juridiques et culturels, pour chaque situation.

L’ex-Première dame a été l’artisane du fameux “reset” des relations russo-américaines. Elle a soutenu l’accord sur le nucléaire avec l’Iran, tout en affichant sa fermeté à l‘égard de Téhéran, se disant prête à rétablir des sanctions unilatérales en cas de non-respect des termes de cet accord, voire à prendre des mesures militaires, si Téhéran venait à s‘équiper de l’arme atomique.

Sur la lutte contre le terrorisme, elle prône une collaboration étroite avec les entreprises hi-tech pour éliminer sur Internet la présence de groupes extrémistes violents, comme Etat islamique.

Enfin, elle défend une relation de confiance avec la Chine sur des thématiques comme la Corée du Nord ou le changement climatique.

Ted Cruz Ted Cruz (Republican):

En matière de politique étrangère, cet ultra-conservateur se montre moins interventionniste que ses adversaires républicains. En revanche, sur le plan intérieur, il est favorable à un essor de l’appareil de sécurité nationale, tout ayant affiché ses préoccupations concernant les atteintes aux libertés des citoyens.

Ted Cruz a été un fervent critique de la gestion des crises au Moyen-Orient par l’administration Obama, en particulier au sujet de la guerre civile en Syrie et de l‘émergence du groupe Etat islamique. En décembre, il s‘était dit favorable à une intensification des frappes contre les cibles de l’EI en Syrie et en Irak, mais il se montre peu enthousiaste à l’idée d’une intervention des troupes américaines au sol.

Fils d’un immigré cubain, il a dénoncé la normalisation des relations entre les Etats-Unis et Cuba, parlant d’une ‘‘erreur tragique”. Pour lui, ‘‘l’approche du président Obama donne aux Castro ce qu’ils veulent : une aide économique et une légitimité sur la scène internationale.’‘

Marco Rubio Marco Rubio (Republican):

Le sénateur de Floride Marco Rubio pense avoir un avantage sur ses rivaux républicains : “Le prochain Président doit avoir une vision stratégique claire du rôle de l’Amérique dans le monde’‘.

Concernant la lutte militaire contre l’EI, il estime que les Etats-Unis doivent redoubler d’efforts.

Très critique vis-à-vis de la politique étrangère de l’administration Obama, il dénonce aussi la coopération avec la Chine. “La Chine vole nos secrets commerciaux et militaires, la Chine conduit des cyber-attaques contre les Etats-Unis. Et, sur le plan interne, leur peuple n’a pas de liberté d’expression, pas d’accès libre à Internet.” Autre grief à l‘égard de la Chine : le Parti communiste qui dirige seul le pays.

Pour les mêmes raisons, Marco Rubio, qui est lui aussi d’origine cubaine, est contre la reprise des relations diplomatiques avec Cuba.

Il est aussi hostile à toute complaisance avec la Russie ( Il a qualifié le Kremlin de ‘‘gouvernement de menteurs’‘ ) et prône des sanctions plus sévères à l’encontre de Poutine et de ses proches, en raison de la politique russe en Ukraine. Il propose aussi un soutien militaire renforcé à Kiev.

Bernie Sanders Bernie Sanders (Democrat):

S’il a soutenu Barack Obama sur les principaux dossiers (Iran, changement climatique, Cuba), le sénateur du Vermont, un “socialiste revendiqué”, a aussi exprimé des points de vue différents, en particulier sur la politique de Défense, la Chine, et le Commerce.

Bernie Sanders s’oppose à une augmentation du budget de la Défense, en particulier si elle se fait au détriment des dépenses sociales. Opposé aux deux guerres en Irak, mais favorable à l’intervention américaine dans les Balkans et en Afghanistan, il a dénoncé les dépenses excessives du Pentagone en matière d’armement.

Il s’oppose aux traités commerciaux internationaux, en particulier avec la Chine, qui ont entraîné des pertes d’emploi aux Etats-Unis et affaibli les syndicats. “Si je suis élu président, je transformerai radicalement les politiques commerciales”, a-t-il lancé.

Il est également fortement opposé au partenariat transpacifique (TPP) qui, selon lui, entraînera des baisses de salaires et contribuera à polluer l’environnement.

Donald Trump Donald Trump (Republican):

L’une des raisons pour lesquelles le milliardaire a autant séduit la base de l‘électoral conservateur est son ‘‘effroyable ignorance de la politique’‘, a écrit Michael Gerson dans le Washington Post. C’est particulièrement vrai concernant la politique étrangère, où Trump a affiché jusqu’ici une vision simpliste, résumée dans son slogan de campagne : “Rendre sa grandeur à l’Amérique!”

Donald Trump dénonce le ‘‘sur-engagement” des Etats-Unis dans le monde et se montre critique vis-à-vis de certains alliés, notamment le Japon et la Corée du Sud, qui, selon lui, coûtent trop cher aux Etats-Unis.

Il n’a pas hésité à railler certains pays voir leaders européens, comme Angela Merkel, qu’il a ouvertement méprisée quand la chancelière a été désignée l’an passé personnalité de l’année par le Time Magazine, alors qu’elle a “ruiné l’Allemagne”, a-t-il lancé.

Enfin Trump aime se décrire comme un leader fort qui interdirait à ses généraux de s’exprimer à la télévision, parlerait avec fermeté à la Chine et à l’Arabie Saoudite. Concernant l’Etat islamique, il a déclaré (traduction non nécessaire) : ‘‘I would bomb the shit out of ISIS”. Enfin, il a exprimé son respect à l‘égard de Vladimir Poutine.

Sources : Reuters, AP, Council on Foreign Relations, Heritage Foundation