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En Algérie, une réforme controversée de la Constitution

Le Parlement algérien a adopté dimanche une réforme de la Constitution qui, notamment, limite à deux le nombre de mandats présidentiels. L’actuel

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En Algérie, une réforme controversée de la Constitution

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Le Parlement algérien a adopté dimanche une réforme de la Constitution qui, notamment, limite à deux le nombre de
mandats présidentiels. L’actuel chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, 78 ans, au pouvoir depuis 1999, y fait rétablir une
disposition qu’il avait supprimée pour lui permettre de briguer un 3e puis un 4e mandat. Il pourra toutefois se présenter une cinquième fois, en 2019.

Le texte révisé interdit aussi aux binationaux l’accès à de hauts postes dans la fonction publique. Cette mesure suscite la colère dans la communauté franco-algérienne, en Algérie et à l‘étranger. Autre disposition-phare, la reconnaissance de la langue berbère (tamazight) comme “langue officielle” du pays, une revendication de la population berbère depuis 50 ans.

Par ailleurs, le préambule évoque la “politique de paix et de réconciliation nationale” mise en place par Bouteflika pour mettre fin à la “tragédie nationale”, expression désignant la guerre civile qui a fait 200 000 morts dans les années 90. Cette disposition empêchera d‘établir la vérité sur une page sombre de l’histoire de l’Algérie, a critiqué l’ONG Amnesty International.

La révision de la Constitution a été approuvée par 499 parlementaires, deux contre et 16 abstentions. Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, a salué un président “architecte de la nouvelle République algérienne”. Tandis que l’un de ses prédécesseurs, Ali Benflis, deux fois adversaire malheureux de Bouteflika à l‘élection présidentielle, a dénoncé un “coup de force constitutionnel (pour) régler les seuls problèmes du régime politique en place et non ceux du pays”.