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L'Union européenne évitera-t-elle la "claque" du Brexit ?


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L'Union européenne évitera-t-elle la "claque" du Brexit ?

Les dirigeants européens passeront-ils un accord pour donner aux électeurs britanniques une raison de maintenir leur pays dans l’Union ? Ou l’Europe se divisera-t-elle sur les exemptions que David Cameron cherche à obtenir ? C’est le thème du débat de cette édition.

Lors d’un prochain sommet dans quelques jours, les dirigeants européens espèrent trouver un accord avec le Premier ministre britannique qui écarterait l’hypothèse d’une sortie de son pays de l’Union et permettrait de s’attaquer à d’autres crises. David Cameron veut une ligne plus dure sur l’immigration, un transfert de pouvoir vers les Etats et moins de réglementation pour une Europe plus compétitive.

Ces réformes pourraient-elles saper l’autorité de l’Union et l’affaiblir ? Certains responsables européens estiment qu‘éviter un vote britannique favorable au Brexit ne doit pas se faire à n’importe quel prix. Des économistes affirment que ce Brexit aurait un impact dévastateur : il ferait de l’Union, une puissance de second plan et réduirait le PIB britannique de 2%.

Dans cette édition, nous accueillons Nina Schick, directrice de la communication d’Open Europe, un think tank considéré comme eurosceptique par certains malgré les dénégations de ses responsables qui estiment que l’Union ne fonctionne pas et doit se réformer. Selon elle, les “exigences [de David Cameron] touchent l’Europe au coeur en la plaçant devant des choix délicats concernant son orientation existentielle et son avenir en tant qu’organisation.”

Et elle ajoute être persuadée que les “dirigeants européens savent bien que l’heure est grave puisque David Cameron doit vendre cet accord à l’opinion britannique et s’il n’obtient rien sur une partie de ces demandes, il est tout-à-fait possible que son pays quitte l’Union. Une telle issue, poursuit-elle, signifierait une grosse claque pour l’Union d’un point de vue économique, mais aussi symbolique et les dirigeants du reste de l’Union ne veulent pas la recevoir.”

Autre participant de ce débat : Giles Merritt, secrétaire général des Amis de l’Europe, un observatoire qui oeuvre pour une confrontation des idées et une plus grande implication dans l’avenir de l’Union. Alors que le Premier ministre britannique semble vouloir une “Europe à la carte” où son pays pourrait bénéficier de davantage d’exceptions aux règles européennes, notre invité estime qu’il ne s’agit ici que “d’un encas. Il y a 20 ans, la Grande-Bretagne a eu droit à un véritable banquet à la carte, donc ce n’est pas vraiment pertinent.”

Giles Merritt assure par ailleurs que cet accord n’affaiblira pas les institutions européennes même s’il reconnaît que “l’Union a besoin de se réformer au plan interne sur un certain nombre d’aspects et, dit-il,ces réformes-là ne sont pas au menu de David Cameron.”

Troisième débatteur, Guntram Wolff, directeur de Bruegel, un think tank économique indépendant basé à Bruxelles, souligne de son côté que “le point fondamental, (…) c’est que ceux qui ne sont pas dans l’eurozone veulent des gardefous et dans une certaine mesure, poursuit-il, ces gardefous devraient être accordés parce que la zone euro détient effectivement la majorité dans tous les processus de décision.”

Enfin, il évoque les conséquences économiques d’un Brexit pour le Royaume-Uni et l’Europe : d’après lui, celles-ci vont dépendre “du type d’arrangement qui sera trouvé pour la suite, mais une chose est sûre, indique-t-il, si le non l’emporte lors du référendum, on assistera aussitôt à des mouvements d’ampleur sur les marchés et on s’engagera dans un processus de renégociation très long et douloureux sur l’accès de la Grande-Bretagne au marché unique et sur tous les autres accords commerciaux avec le reste du monde.”

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