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Le système électoral iranien, un simulacre de démocratie

La république Islamique d’Iran organise parallèlement deux élections le 26 février 2016 Les 10e législatives depuis la révolution de 1979 L’Assemblée

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Le système électoral iranien, un simulacre de démocratie

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La république Islamique d’Iran organise parallèlement deux élections le 26 février 2016

Les 10e législatives depuis la révolution de 1979

L’Assemblée nationale en Iran ratifie des lois et des traités internationaux. Elle donne le vote de confiance aux ministres et surveille le bon fonctionnement du gouvernement.

Déroulement

Les personnes ayant la volonté de participer aux législatives comme candidats, s’inscrivent individuellement auprès des représentants du ministère de l’Intérieur. Dans un premier temps, des comités désignés par le ministère, examinent « l’aptitude » des candidats pour participer à l’élection. Cette année, environ 12 000 volontaires se sont inscrits pour les législatives. Les comités du ministère de l’Intérieur ont validé la compétence de plus de 90 % de ces candidats.

Les comités de surveillance du Conseil des Gardiens de la Constitution examinent ensuite la loyauté des candidats vis-à-vis du régime. Cette année, après un long processus de désignation, la compétence de 51 % des candidats a été reconnue par le Conseil des Gardiens (composé de six membres du clergé chiite et six juristes civils). 6 229 citoyens, dont 586 femmes, pourront donc se présenter au scrutin.

Les thèmes de campagne

La campagne officielle commence jeudi 18 février, laissant aux candidats seulement une semaine pour convaincre les électeurs. Les candidats arrivés en tête et ayant obtenu au moins 25 % des voix sont élus dès le premier tour.

Cette année, la bataille se joue entre les candidats pro-Rouhani et les conservateurs. En l’absence de libertés politiques, les partis ne jouent pas leur propre rôle. Cependant, les trois principales tendances politiques de la république islamique, c’est-à-dire les réformistes, les modérés et les conservateurs, créent des « fronts électoraux » et présentent leur liste dans chaque district électoral.

Les réformistes et les modérés pro-Rouhani se vantent de l’accord obtenu sur le nucléaire et promettent une amélioration de la situation économique dans une futur proche, suite à la levée des sanctions.
Les conservateurs insistent sur une stagnation sans précédents du marché iranien et le voient comme le mauvais résultat du gouvernement de Rouhani. Ils se félicitent de la sécurité qui règne en Iran, qui est un cas exceptionnel dans la région, et le montre comme le fruit des politiques du guide suprême, Ali Khamenei.

Assemblée des experts

L’Assemblée des experts, composée de 88 Faqihs (clercs de haut niveau) est chargée de désigner le Guide suprême et de veiller au bon fonctionnement de celui-ci. La seule fois ou cette institution a rempli cette tâche était en 1989. A la mort de l’ayatollah Khomeiny, le fondateur de la république islamique, il a désigné Ali Khamenei comme son successeur.

Tous les huit ans, les Iraniens choisissent une nouvelle Assemblée des experts.

Déroulement

Pour la 5e élection de cette institution, 801 clercs se sont inscrits. Le Conseil des gardiens de la Constitution a seulement validé la compétence de 166 candidats. Dans cette situation, qui n’est pas vraiment inédite, dans neuf provinces, il y a un seul candidat par siège à l’Assemblée des experts.

La disqualification d’Hassan Khomeiny, le petit-fils proche des réformateurs de l’ayatollah Khomeiny, est devenue controversée.

Le principal enjeu de cette élection se joue entre les clercs proches de Hachemi Rafsandjani (une des prinicpales figures pragmatiques de la République islamique) et les ayatollahs plus conservateurs.