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Airbus va carburer à plein régime en 2016

Airbus a tenu le cap en 2015. L’avionneur européen a publié des résultats conformes aux attentes : un bénéfice net en hausse de 15 % à 2,7 milliards d’euros pour un chiffre d’affaires en progression de 6%.

Et si les ventes de l’A400M, le transporteur militaire, peinent toujours à décoller, le ciel est dégagé pour les avions commerciaux. “Nous affichons une nouvelle fois une performance annuelle robuste dans l’aviation commerciale. Nos clients, croyez le ou non, essentiellement grâce à la chute des prix du brut et du kérosène, se portent globalement très bien financièrement,“ s’est félicité Tom Enders, le PDG du groupe.

Mieux, Airbus affiche un carnet de commandes record, franchissant pour la première fois la barre des 1000 milliards d’euros. Et pour l’avenir, il mise sur le développement d’appareils moins gourmands en carburant. Ce marché ne devrait pas etre affecté par la baisse des prix du kérosène selon Jeremy Cook, chef économiste chef World First. “Certes, les cours du brut sont bas et peuvent baisser davantage. Mais les marchés n’y voient pas un scénario de long terme. Ils se disent que les cours pourraient remonter à 50, 60 voire 70 dollars le baril. Et donc, les compagnies aériennes vont toujours rechercher des appareils qui consomment moins,“ assure-t-il.

Pour honorer les 650 livraisons prévues en 2016, Airbus va relever ses cadences de production. D’autant qu’il s’attend cette année à des commandes supérieures aux livraisons.

L’interview : Harald Wilhelm, directeur financier d’Airbus

Harald Wilhelm, directeur financier d’Airbus, a commenté ces résultats sur notre antenne.

Anne Glémarec, euronews :

Au vu du carnet de commandes record d’Airbus, le grand défi va être de livrer ces avions à temps. Comment allez-vous vous y prendre ?

Harald Wilhelm, directeur financier d’Airbus :

Prenons l’exemple de l’A350 : vous pourriez dire : “ Oh, vous en avez produit 14 en 2015, et en 2016 vous allez en produire plus de 50, comment est-ce possible ? “. En fait, à l’heure où je vous parle, plus de 30 appareils sont déjà en fin de ligne d’assemblage. Et nous sommes en train d’augmenter la cadence. Cela veut dire que nous nous assurons que les pièces fabriquées dans le monde entier nous sont fournies à temps, et au niveau de qualité requis.

Anne Glémarec, euronews :

Deux syndicats ont contesté votre décision de demander aux employés de pointer en bleu de travail. Ils ont actuellement 20 minutes pour se changer. Où en êtes-vous dans les négociations ?

Harald Wilhelm, Directeur financier d’Airbus :

C’est en discussion. Mais vous savez, c’est une démarche parmi d’autres qui vise à améliorer l’efficacité de nos usines. Il faut y voir une démonstration de nos efforts de productivité.

Anne Glémarec, euronews :

Pourrez-vous convaincre les syndicats ?

Harald Wilhelm, Directeur financier d’Airbus :

Je suis confiant quant à la résolution de ce problème.

Anne Glémarec, euronews :

Quel est l’impact de la chute des cours du brut sur la demande en avions moins gourmands en kérosène ?

Harald Wilhelm, Directeur financier d’Airbus :

Je sais que beaucoup se posent des questions et s’inquiètent, et je comprends pourquoi. Mais regardons les faits : depuis que les prix du pétrole ont commencé à chuter fin 2014, nos commandes n’ont pas décliné. Comment nous l’expliquons ? Eh bien, les prix plancher du pétrole permettent à nos clients d’améliorer leur rentabilité et leur niveau de liquidités. Donc ils ont les moyens d’acquérir des avions énergétiquement plus efficaces qui leur permettront d‘être moins affectés le jour où les prix du carburant remonteront.

Anne Glémarec, euronews :

Qatar Airways a averti la semaine dernière que le ralentissement des économies émergentes, Chine en tête, pourrait avoir un impact négatif sur le secteur aérien. Vous partagez ces inquiétudes ?

Harald Wilhelm, Directeur financier d’Airbus :

Je ne dis pas qu’il n’y aura pas des risques ici ou là, certains passagers prendront peut-être moins l’avion qu’ils ne l’avaient prévu initialement, il pourrait y avoir un ajustement.
Mais nos 6,800 commandes d’avions nous permettent de voir venir et de nous adapter.

Anne Glémarec, euronews :

Airbus emploie plus de 16.000 personnes au Royaume-Uni. Si les électeurs britanniques décident de quitter l’Union européenne, quelles seront les conséquences pour Airbus ?

Harald Wilhelm, Directeur financier d’Airbus :

Clairement, en tant qu’industriels et hommes d’affaires, nous préférerions que la Grande-Bretagne reste dans l’Union européenne. Cela nous a permis de mettre en place un cadre de travail clair, qui contribue à l’efficacité d’Airbus dans son ensemble, mais aussi à l’efficacité et aux investissements en Grande-Bretagne. Notre préférence est très claire : que la Grande-Bretagne reste dans l’Union.

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