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Peut-on puiser dans l'aide au développement pour résoudre la crise des migrants ?

L’Europe est le premier donateur mondial pour l’aide au développement : elle lui consacre plus de 50 milliards d’euros par an. Dans ce cas, pourquoi

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Peut-on puiser dans l'aide au développement pour résoudre la crise des migrants ?

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L’Europe est le premier donateur mondial pour l’aide au développement : elle lui consacre plus de 50 milliards d’euros par an. Dans ce cas, pourquoi tant de migrants quittent-ils les pays qui la reçoivent ? On en débat dans cette édition de The Network.

On parle d’utiliser une partie du budget européen consacré au développement pour faire face à la crise des migrants, le flux pouvant d’ailleurs être plus important avec la météo plus clémente du printemps. Pour les ONG, ce n’est pas la solution car réduire l’aide pourrait signifier davantage de migrants économiques qui sont déjà plus nombreux que les réfugiés syriens. Comment l’Union peut-elle répondre à ces deux crises : en Europe et dans les pays en développement ? Et comment disposer des fonds nécessaires dans un contexte de budgets nationaux et européens resserrés ?

Parmi les participants à ce débat, Henrique Banze, Sous-secrétaire général chargé du département Financement du développement au sein du Groupe des Etats d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), il ne faut pas se contenter de parler budget : il s’agit de promouvoir la création d’emplois qui est “un aspect important en particulier quand on regarde la situation des femmes et des jeunes qui représentent la plus large part des migrants arrivant en Europe aujourd’hui. Mais l’aide au développement doit aussi s’attaquer aux facteurs fondamentaux qui sont essentiels à une transformation économique,” dit-il. Quant à la crise des migrants, il souligne que les “migrations représentent un phénomène immense à voir aussi sous l’angle des conflits et c’est davantage à ce niveau que nous pouvons agir et résoudre cette crise.”

Autre invité, Nirj Deva, Vice-président de la Commission du développement au Parlement européen et eurodéputé britannique du Groupe des Conservateurs et Réformistes européens, réagit pour sa part à cette idée de consacrer une partie de l’aide à la crise des migrants : “C’est une énorme erreur, mais comme nous sommes presque en faillite, où trouver l’argent nécessaire ? lance-t-il. En fait, poursuit-il, on devrait aborder la crise des migrants en aidant les personnes qui se trouvent dans des camps et non pas celles qui ont la capacité physique et financière suffisante pour traverser l’Europe à pied et arriver en Grande-Bretagne ou ailleurs.”

Enfin, Eugenio Ambrosi, directeur régional pour l’Union européenne de l’Organisation internationale pour les migrations ou OIM, insiste pour dire que “la réponse est beaucoup plus complexe. Je ne suis pas d’accord pour dire que c’est une crise majeure, ajoute-t-il. Cette augmentation de la pression migratoire sur l’Europe pourrait facilement être gérée par les 28 s’ils agissaient de manière coordonnée,” assure-t-il.