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Yannis Mouzalas : « Nous aurions pu provoquer l'effondrement du projet européen »


Le bureau de Bruxelles

Yannis Mouzalas : « Nous aurions pu provoquer l'effondrement du projet européen »

A l’issue de la réunion des 28 ministres de l’Intérieur, le ministre grec chargé de la Migration, Yannis Mouzalas, a répondu aux questions d’Euronews sur les récentes tensions avec l’Autriche qui a décidé d’introduire des quotas de réfugiés et l’impasse sur une politique migratoire commune.

Yannis Mouzalas:
« Le plan de l’Union européenne, soutenu par l’Autriche, disait: pas de barrière mais des relocalisations, pas de chien pour les migrants mais des réinstallations, pas de frontière fermée mais des enregistrements. Le plan est clair. »

Euronews:
« Mais ce plan n’est pas appliqué.»

Yannis Mouzalas:
« Il n’est pas appliqué justement parce que plusieurs États membres, dont l’Autriche désormais, sont ancrés dans leur espace national plutôt que de travailler sur le plan européen. Nous n’avons pas cessé de le répéter, soit nous sommes des États membres de l’Union européenne ou alors nous agissons comme dans une Europe à la carte. L’Autriche était jusqu‘à maintenant un pays ami, elle prend une mesure hostile. Nous ne disons pas que c’est un pays hostile mais nous disons clairement que cette mesure spécifique est hostile et douloureuse pour notre pays, mais aussi pour l’Europe. »

Euronews:
« Avez-vous reçu des engagements pour d‘éventuels changements ? »

Yannis Mouzalas:
« Non. Nous n’avons rien reçu et nous n’avons pas demandé un tel engagement. Nous avons dit que nous n’attendions rien de plus et rien de moins que l’application des engagements écrits et oraux pris lors du dernier sommet. Regardez, nous-mêmes nous avons rempli nos obligations et nous attendons cette solidarité. »

Euronews:
« La Grèce a menacé de ne pas signer l’accord avec le Royaume-Uni si elle ne recevait pas l’assurance que les frontières resteraient ouvertes. Ces promesses orales n’ont pas été tenues. Comment le pays va réagir ? »

Yannis Mouzalas:
« Il n’y pas de certitude. Mais pour l’instant nous continuons à croire dans une Europe unie. Nous aurions pu provoquer l’effondrement du projet européen lors du dernier sommet sans même discuter. Nous avons cru les institutions et les États membres en particulier. Nous avons eu tort. Nous allons donc insister. Il est évident que s’il y a toujours plus de promesses non tenues, nous allons prendre des mesures unilatérales, pas parce que nous le voulons mais parce que nous n’avons pas d’autre choix. »

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