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Primaires républicaines : le "tout sauf Trump" va-t-il échouer ?

Le dernier débat télévisé aux Etats-Unis entre les candidats républicains : et le milliardaire Donald Trump se retrouve attaqué dans son propre camp

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Primaires républicaines : le "tout sauf Trump" va-t-il échouer ?

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Le dernier débat télévisé aux Etats-Unis entre les candidats républicains : et le milliardaire Donald Trump se retrouve attaqué dans son propre camp.

Plusieurs personnalités du parti ont pris parti contre lui.

Marco Rubio, candidat à la primaire républicaine :
“Depuis un an dans cette campagne, Donald Trump ne fait que se moquer de tout le monde, avec des attaques personnelles. Il le fait contre ceux qui sont assis ici aujourd’hui. Il le fait contre les personnes handicapées. Il le fait contre tous les autres candidats de cette campagne. Donc s’il y a une seule personne qui mérite d‘être attaquée de cette façon, c’est bien Donald Trump pour la façon dont il a géré tout cette campagne.”

Ted Cruz, candidat à la primaire républicaine :
“Je ne pense pas que les Américains soient intéressés par des chamailleries d‘écoliers. Ils demandent des solutions, pas des slogans. C’est facile de dire : “Je vais améliorer les choses, je vais faire de grandes choses”. Vous pouvez même l’imprimer et le mettre sur une casquette de baseball. Mais la question, c’est : “Comprenez-vous les principes qui ont fait de l’Amérique un pays leader ?”

Le ton du débat a été donné avec des allusions obscènes. Quand Marco Rubio se moque de la petitesse des mains de Donald Trump, celui-ci tient à rassurer l’auditoire sur le reste déclarant à la consternation générale :

Donald Trump, candidat à la primaire républicaine :
“Je vous garantis qu’il n’y a aucun problème pour le reste. Je vous le garantis.”

Le milliardaire a dominé le temps de parole. Immédiatement, ses rivaux l’ont attaqué sur sa carrière d’homme d’affaires, le sénateur de Floride Marco Rubio s’attelant à saper sa réputation en insistant sur les faillites de certains de ses casinos, les entreprises ratées de l’empire Trump ou le procès au civil d’ex-étudiants de l’ex-“Université Trump” qui vendait des cours sur l’immobilier et l’entrepreneuriat.

“Vous n’avez jamais employé une personne de votre vie. J’ai employé des dizaines de milliers de personnes”, a répondu Donald Trump, sur la défensive alors que des publicités négatives commencent à l’attaquer dans le grand Etat de Floride qui votera le 15 mars. “Vous vous souvenez de la vodka Trump ou des steaks Trump ?” a répliqué Marco Rubio que Donald Trump appelle “petit Marco”. Modérateurs et rivaux ont souligné durant l‘émission des contradictions et revirements du favori qui peine à persuader l’ensemble des conservateurs qu’il est bien l’un des leurs.

Ted Cruz, sénateur ultra-conservateur du Texas, a rappelé que Donald Trump avait envoyé dix chèques à diverses campagnes de la démocrate Hillary Clinton dans le passé. “C‘était pour les affaires”, a justifié Donald Trump.

Plus grave, aux yeux des Républicains, un doute est venu s’installer sur sa position exacte sur l’immigration clandestine. Donald Trump aurait dit au New York Times, lors d’une rencontre “off”, qu’il serait flexible sur le sort des clandestins qu’il a publiquement promis d’expulser. Pressé de toutes parts, il a refusé à plusieurs reprises d’autoriser le quotidien à diffuser l’enregistrement.
Mais Donald Trump a insisté sur ses qualités de “leader” et son pragmatisme. Il a changé en direct sa position sur les fusils d’assaut (qu’il ne veut plus interdire) et les visas pour les étrangers hautement qualifiés (dont il veut augmenter le nombre). “J’ai un noyau très solide”, a-t-il assuré, “mais je n’ai jamais vu quelqu’un réussir sans un certain degré de flexibilité”.

Consterné par le niveau de la discussion, le gouverneur de l’Ohio John Kasich s’est présenté à nouveau comme le candidat le plus raisonnable, vantant son expérience exécutive et au Congrès sur le budget. “J’essaie toujours d‘éviter le genre de mêlées qu’on a vues sur scène. Les gens me disent, partout où je vais, que je suis l’adulte sur la scène”, a-t-il déclaré.

Le débat concluait une journée mouvementée pour le parti républicain, divisé sur l’ascension irrésistible du magnat. Il a remporté dix des quinze premières consultations depuis le 1er février. Le calendrier des primaires a été conçu de telle façon qu‘à partir du 15 mars, le candidat en tête sera quasi-assuré de remporter l’investiture : la plupart des Etats comme la Floride attribueront la totalité de leurs délégués au vainqueur, ce qui consolidera toute avance de façon exponentielle vers la majorité absolue requise. Le temps presse et le candidat républicain à la présidentielle de 2012, Mitt Romney, a pris la tête de la contre-offensive, sortant de sa réserve dans un discours accablant jeudi.
“Donald Trump est un charlatan, un imposteur. Ses promesses ne valent pas mieux qu’un diplôme de l’Université Trump. Il prend les Américains pour des pigeons”, a-t-il déclaré dans l’Utah. Il s’est surtout attardé sur la personnalité du milliardaire, sa “malhonnêteté”, sa “cupidité”, sa “misogynie” et sa vulgarité. Mais des républicains doutent de l’efficacité de cette contre-offensive, improvisée et tardive.