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Le meldonium au coeur du dopage ? Peut-être des centaines de cas...

L’ancienne n°1 mondiale de tennis Maria Sharapova a avoué, en début de semaine, qu’un de ses échantillons prélevés le 26 janvier à Melbourne, lors

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Le meldonium au coeur du dopage ? Peut-être des centaines de cas...

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L’ancienne n°1 mondiale de tennis Maria Sharapova a avoué, en début de semaine, qu’un de ses échantillons prélevés le 26 janvier à Melbourne, lors de l’Open d’Australie, était positif au meldonium.

Or, depuis le 1er janvier, l’Agence mondiale anti-dopage classait ce médicament parmi les hormones et modulateurs métaboliques (groupe S4), qui interviennent dans l‘énergétique musculaire.
Bref, elle en faisait un produit dopant et donc interdit.

C’est quoi ce meldonium ?


Le meldonium n’a jamais reçu d’autorisation de mise sur le marché en Europe de l’Ouest et aux Etats-Unis. Il n’est vendu que dans les pays baltes et la Russie.

Mis au point en Lettonie en 1975, il a été commercialisé dans les anciennes républiques soviétiques sous le nom de Mildronate et prescrit pour prévenir les maladies cardiaques chez les sujets à risque ou dans les suites d’un infarctus du myocarde. Il aurait pour effet d’atténuer le dépôt de résidus toxiques dans le coeur et permet d’accroître l’apport en oxygène aux cellules…

Depuis plusieurs années, l’effet dopant de ce médicament, était discuté dans le monde du sport.

Son inventeur, le Pr Ivars Kalvins, le réfutait catégoriquement dans le blog du journal Le Monde daté du 5 mars.

Pourtant, en 2012, il cosignait bien une étude qui mentionnait que “le mildronate augmente les propriétés d’endurance et les capacités aérobies des athlètes”, et concluait à “un usage pharmaceutique qui améliore les capacités de travail des athlètes”.

Dans tous les cas, cette affaire a eu un impact inattendu : une recrudescence des commandes et des ventes de mildonium, également connu sous le nom de mildronate, sur les sites internet de vente de produits pharmaceutiques.

Certains sites russes ont vu leurs commandes se multiplier comme des petits pains, comme le rapporte le Scansport du journal Le Figaro.


Sharapova, un cas isolé ? Non

Depuis le 1er janvier 2016, plus d’une dizaine de sportifs professionnels ont ainsi été repérés.

On sait notamment que la Suédoise Abeba Aregawi (championne du monde du 1500 mètres en 2013), la danseuse sur glace russe Ekaterina Bobrova (championne olympique par équipe en 2014) ou encore le marathonien éthiopien Endeshaw Negesse (vainqueur du marathon de Tokyo en 2015), mais aussi six lutteurs géorgiens, deux biathlètes ukrainiens, et un cycliste russe ont tous été contrôlés positif au meldonium.

Et comme l’explique une étude publiée dans le British Journal of Sports Medicine, repris par L’Equipe, 490 athlètes engagés aux premiers Jeux européens de Bakou l’année dernière, dont 13 médaillés, auraient consommé du meldonium.

On n’a donc pas fini d’entendre parler de nouveaux scandales, même si l’affaire Sharapova est bien entendu la plus retentissante, compte-tenu de la notoriété de la joueuse de tennis.


Où en est-on justement dans cette affaire ?

Petit rappel, le scandale a éclaté après la “confession surprise” de Maria Sharapova lundi, lors d’une conférence de presse, à Los Angeles.

Actuellement 7e joueuse mondiale, elle a déclaré : “cela fait 10 ans que je prends un médicament sur prescription de mon médecin de famille (…), ce médicament n‘était pas sur la liste des produits prohibés par l’Agence mondiale anti-dopage, mais le règlement a changé le 1er janvier dernier, ce médicament est devenu un produit prohibé, ce que je ne savais pas.

Elle aurait ajouté selon l’AFP :

Je suis pleinement responsable, j’ai fait une énorme erreur, j’ai reçu un mail de l’Agence mondiale anti-dopage fin décembre et je n’ai pas contrôlé la liste pour voir si ce médicament figurait maintenant sur la liste des produits prohibés“.

Ce médicament lui aurait été prescrit pour “traiter des problèmes de santé récurrents, un déficit en magnésium, une arythmie cardiaque et des cas de diabète dans sa famille“.

Depuis, elle a été suspendue par la Fédération internationale de tennis.
Et puis, elle a été lâchée par ses sponsors, l‘équipementier Nike, l’horloger suisse Tag Heuer, et Porsche, même si ces deux derniers et bien d’autres, figurent encore sur son site web .

#DontCrackUnderPressure

Seul le président de la Fédération russe de tennis, Shamil Tarpichev, la soutient aujourd’hui, sans parler de ses fans qui ont lancé des campagnes en sa faveur sur le réseau social Twitter, notamment sous les hastags #‎IStandWithMaria‬ et #‎LetMariaPlay‬.

Certains ayant même lancé des pétitions :