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Réserve du Svalbard : une visite du grenier de la planète


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Réserve du Svalbard : une visite du grenier de la planète

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La réserve mondiale de semences du Svalbard fait office de grenier géant de la planète. Une véritable “chambre forte” située sur l‘île norvégienne du Spitzberg, à 130 mètres sous terre. L’objectif de cette structure consiste à conserver des graines des cultures vivrières du monde entier, afin d’assurer leur survie en cas de catastrophe naturelle. Gardées précieusement à l’abri, sous le permafrost, ces semences peuvent être conservées pendant au moins deux cents ans, même en cas de coupure d‘électricité. Depuis la création de la structure en 2008, les banques génétiques de toute la planète ont déposé près de 860 000 échantillons issus de 4 000 espèces différentes, notamment de blé, d’orge, ou de pommes de terre. On recense plus de 120 000 germes, rien que pour le riz.

Et cette réserve a déjà prouvé son utilité, puisque fin 2015, des chercheurs syriens ont décidé de retirer leurs dépôts précédemment effectués, pour reconstituer une banque de semences ravagée par la guerre. Les échantillons ont été acheminés en passant par le Maroc et le Liban, et aucun Etat n’est exclu, pas même la Corée du Nord. Les considérations géopolitiques ne sont en aucun cas une condition pour venir déposer des échantillons. “Evidemment, on prend beaucoup de précautions, un soin extrême pour conserver les semences”, développe Brian Lainoff, porte-parole de The Crop Trust, “mais cela montre aussi la nature mondiale du projet. Quand on est ici, la politique ne compte pas, ce qui compte, c’est de préserver les semences”.

La réserve a été créé par le gouvernement norvégien et l’organisation Crop Trust. Elle est ouverte pour effectuer des dépôts, trois à quatre fois par an. De nouvelles semences sont arrivées récemment du Japon et des Etats-Unis.

L’Australie est actuellement le quatrième contributeur de la réserve, avec plus de 10 000 échantillons recensés. Cinq portes verrouillées par des codes garantissent la sécurité de cet immense grenier. “Il y une alarme, au cas où quelqu’un essaierait de s’introduire sans autorisation”, précise Bente Naeverdal, directrice de la réserve mondiale du Svalbard, “mais ce n’est jamais arrivé. Je ne peux pas imaginer ce cas de figure. On n’a pas ce type d’infraction ici”. La construction a été conçue selon les normes anti-sismiques en vigueur. Le retrait des semences syriennes a démontré le bien-fondé de cette initiative pour protéger les cultures vivrières, dans une contrée pourtant éloignée des terres agricoles. Et la réserve n’affiche pas encore complet, puisque plus de 4 millions et demi d‘échantillons peuvent y être stockés.

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