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L'accord UE-Turquie doit être « conforme aux droits de l'Homme »

Un nouveau sommet européen consacré à la crise des réfugiés se déroulera jeudi et vendredi à Bruxelles. Les chefs d’État et de gouvernement tenteront

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L'accord UE-Turquie doit être « conforme aux droits de l'Homme »

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Un nouveau sommet européen consacré à la crise des réfugiés se déroulera jeudi et vendredi à Bruxelles. Les chefs d’État et de gouvernement tenteront de conclure un accord avec la Turquie pour limiter l’arrivée des réfugiés. Mais le projet en négociation a provoqué une levée de boucliers des organisations humanitaires. Euronews a interrogé Zeid Ra’ad al Hussein, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme.
 
Euronews:
« Les dirigeants européens se retrouvent jeudi et vendredi. Ils vont aborder le projet d’accord avec la Turquie et ils espèrent conclure ce plan migratoire. Kenneth Roth de l’ONG Human Rights Watch décrit ce compromis comme “un coup sévère aux lois internationales et aux valeurs sur lesquelles s’est construite l’Union européenne”. Si vous aviez l’opportunité de vous adresser aux dirigeants pendant le sommet que leur diriez-vous? »
 
Zeid Ra’ad al Hussein :
 « C’est une très bonne question. Nous ne connaissons pas les détails de cet accord. Nous avons exprimé nos inquiétudes quant à la possibilité qu’il n’y ait pas de traitement individuel des demandes d’asile, ce qui est fondamental. Nous craignons et désapprouvons toute forme d’expulsions collectives. Nous ne voulons pas non plus de renvois en mer, ce qui est à peu près similaire à des expulsions massives. Nous souhaitons l’application de la convention des réfugiés pour tous ceux qui méritent ce statut en Turquie. Nous pensons et espérons qu’une telle réponse est possible. »
 
Euronews:
« Si je comprends bien vous nous dîtes que le projet, en l‘état actuel, ne peut pas être approuvé par vos services parce qu’il est contraire au droit international. »
 
Zeid Ra’ad al Hussein :
« Nous n’avons pas vu le projet d’accord. Notre analyse se base sur ce que nous avons entendu. Nous sommes inquiets et nous l’avons fait savoir. Nous espérons que, dans les 48 prochaines heures et,- les jours précédents, les juristes ont travaillé de façon assidue pour s’assurer que cet accord, quelle que soit sa forme définitive, soit conforme aux droits de l’Homme. Peut-être lors du week-end ou en début de semaine prochaine nous serons en mesure d’avoir un avis une fois que nous aurons vu les détails. »
 
Euronews:
« Est-ce que la Turquie est un pays sûr? »
 
Zeid Ra’ad al Hussein :
« Si vous regardez les règles européennes et les directives, il est clair que cette application de la convention des réfugiés doit inclure tous ceux qui demandent l’asile ou qui répondent au statut de réfugié. La Turquie n’a pas ratifié le protocole de 1967 qui ouvre ces droits aux non-Européens et c’est quelque chose que nous devons analyser. »
 
Euronews:
« Vous avez pris vos fonctions en septembre 2014. Pensiez-vous alors que vous auriez à venir à Bruxelles pour rappeler aux responsables leurs obligations à l‘égard des réfugiés ? »
 
Zeid Ra’ad al Hussein :
« En fait j’ai été surpris presque toutes les semaines par certains développements. Si les États membres commencent par faire des raccourcis et enfreignent eux-mêmes ces obligations internationales, ce qui est d’une certaine façon un droit contraignant sur les lois nationales, alors quels arguments peuvent-ils utiliser pour ceux qui violent les droits d’autrui, comme les extrémistes, alors qu’ils sont accusés d’agir de façon similaire. »