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La biennale 2016 de Marrakech


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La biennale 2016 de Marrakech

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La 6ème édition de la Biennale artistique de Marrakech est ouverte, elle sera plus longue que les précédentes, puisqu’elle dure jusqu’au 08 mai, et tout est gratuit, pour un meilleur accès aux oeuvres réparties dans plusieurs endroits de la ville.

Cette sixième édition, dont le thème officiel est “Not New Now”, présente des oeuvres originales du monde méditérranéen dans son ensemble. La conservatrice Reem Fadda en est la présidente d’honneur. L’artiste algérien Rachid Koraïchi, lui, a créé un monument en hommage à ses parents, qu’il a intitulé “Prière pour les absents.”

Rachid Koraichi, artiste algérien: “Je voulais par les mots sur cette pièce raconter notre lien formidable. Après ma vie, cela restera aussi pour mes enfants ou petits-enfants. Et le but est aussi de marquer l’accompagnement dans une oeuvre. Je suis artiste grâce à eux. Ils ne m’ont jamais bloqué, ils ne m’ont jamais interdit. Au contraire, ils m’ont beaucoup poussé a le faire.”

Avec du cuir, du bois, du plâtre, de l’acier recyclé, et des morceaux d’os, la reproduction d’un moteur diesel fait sensation. L’artiste belge Eric Van Hove, né en Algérie, voulait montrer l’ambiguïté intrinsèque, du buldozer, une machine capable du meilleur, comme du pire.

Eric Van Hove: “Ce moteur m’intéresse depuis longtemps, car c’est une machine civile, faite pour la construction, mais aussi utilisée dans les régions en guerre, et cela depuis le Vietnam. Il a été utilisé en Irak, et dans toutes les guerres jusqu‘à présent. Et cette pièce justement, c’est le moteur du tracteur D9T de Caterpillar, qui est utilisé en Cisjordanie et à Gaza.”

L’artiste marocaine Sara Ouahaddou a été inspirée par des bijoux berbères, mis en avant dans l’oeuvre d’un autre artiste, le photographe et réalisateur Ahmed Bouanani, mort en 2011. Il n’a rendu public que 10% de son oeuvre, une création encore secrète donc, qui est une source d’inspiration pour certains artistes.

Sara Ouhaddou, artiste marocaine : “A partir des dessins d’Ahmed Bouanani, des dessins de bijoux berbères, j’ai fait un travail de réécriture de ces bijoux. J’ai recupéré ses techniques, ses matériaux et on a réécrit. Et pour avoir du fond, du liant, un imaginaire, j’ai aussi travaillé à partir des comptes parce qu’il a également collecté des comptes populaires, arabes et berbères.”

Les oeuvres multi-couleurs de trois artistes d’avant-garde dans les années 60, Farid Belkahia, Mohamed Melehi et Mohamed Chabaa, ont apporté une nouvelle esthétique au Maroc. C’est ce travail qui a inspiré l’artiste Yto Barrada, qui a cousu d’anciens tissus de sa famille marocaine.

Yto Barrada : “Les jeunes aiment travailler les tissus traditionnels, les réutiliser, les remanier. J’apprends à coudre et à tisser depuis mon départ du Maroc. La place de l’artisanat dans l’histoire des mouvements civils, dans les mouvements féministes et pour les droits des homosexuels, a toujours été très importante, vous savez, tous ces arts considérés comme inférieurs…”

L’exposition rend aussi hommage à la photographe franco-marocaine Leila Alaoui, tuée lors de l’attaque terroriste contre un hôtel de Ouagadougou en janvier. Les organisateurs souligent que le Maroc est un carrefour entre le monde occidental, islamique et le monde africain et que cette biennale veut construire des ponts entre les cultures.

Pour plus d’informations : http://www.marrakechbiennale.org/

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