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Frapper puis négocier, la diplomatie selon la Corée du Nord de Kim Jong-un


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Frapper puis négocier, la diplomatie selon la Corée du Nord de Kim Jong-un

La Corée du Nord ne cesse de défier la communauté internationale avec de nouveaux tests de missiles. Une attitude hostile qui pourrait permettre à Pyongyang d’avoir davantage de poids dans de futures négociations sur son programme nucléaire.
Ce qui apparaît aujourd’hui comme un échec a été précédé samedi d’un lancement d’un autre type de missile balistique depuis un sous-marin et par bien d’autres tests ces derniers mois.

Cette escalade a suscité des tensions dans la région et a même irrité la Chine, premier allié politique et partenaire économique de Pyongyang, le président chinois Xi Jinping a réagi :

“En tant que proche voisin de la péninsule, nous ne permettrons absolument pas qu’une guerre éclate ou que le chaos s’installe dans la péninsule coréenne. Si cela arrive, cela ne profitera à personne.”

Les tensions sont particulièrement vivaces depuis que Kim Jong-un affirme avoir mené son quatrième essai nucléaire le 6 janvier dernier et depuis qu’un lancement de fusée, largement perçu comme un tir d’essai déguisé de missile balistique, a eu lieu un mois plus tard.

La Corée du Nord justifie sa course à l’armement nucléaire par “la politique hostile” des Etats-Unis, et a proposé de stopper ses essais si les Etats-Unis suspendaient ses manoeuvres militaires annuelles avec la Corée du Sud.

Mais Washington n’en a aucunement l’intention, d’autant que Séoul s’attend à tous moment à un nouvel essai nucléaire, dans la mesure où le Nord prépare le congrès de son parti unique.

Le 6 mai aura lieu la première réunion du Parti des travailleurs nord-coréens depuis 36 ans. Et elle est sensée renforcer le leadership de Kim Jong-un, ainsi que le prestige du Parti qui a énormément décliné, comme l’explique ce transfuge nord-coréen :

“L’idée de rejoindre le Parti a été affaiblie parce qu’un grand nombre de membres du Parti sont morts de faim pendant la famine des années 90. Même les membres du Parti pensent qu’appartenir au Parti ne pouvaient pas les nourrir et qu’ils auraient plutôt dû faire de l’argent que rejoindre le Parti”, explique Seo Jae-Pyoung.

Le congrès devrait valider la ligne de Kim Jong-un, celle du développement parallèle, autrement connue sous le nom de la ligne du “Byungjin”, qui contrairement au régime précédent prône la poursuite conjointe du développement économique et du programme nucléaire.

Mais nombres d’analystes sont sceptiques à ce propos, puisque l‘économie nord-coréenne suffoque sous les sanctions du Conseil de sécurité des Nations Unies.

*La faible croissance économique enregistrée par le régime nord-coréen s’explique, dans une large mesure, par ses liens économiques avec la Chine.

Et même si Pékin ne voit pas d’un bon oeil les ambitions nucléaires de Pyongyang, à ce jour, il est plutôt réticent à user de ce levier économique pour punir la Corée du Nord.*

La Chine craint que de nouvelles et plus dures sanctions économiques entraînent l’effondrement du régime, et, dans ce cas de figure, que la Corée du Nord soit absorbée par le Sud, allié des Etats-Unis.


Et pour aller encore plus sur le sujet : http://thediplomat.com/2016/04/chinas-role-in-the-north-korean-puzzle/

http://www.huffingtonpost.com/artyom-lukin/russia-china-north-korea-saudi-us_b_8931672.html

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