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"Undressed" : le Victoria and Albert Museum déshabille les femmes


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"Undressed" : le Victoria and Albert Museum déshabille les femmes

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Plongée dans l’intimité des femmes au Victoria and Albert Museum de Londres.

Des dessous les plus simples aux plus extravagants, 200 pièces sont présentées dans une exposition intitulée “Undressed”.

Le musée retrace ainsi trois siècles d’histoire des sous-vêtements.

“Nos ancêtres portaient des sous-vêtements pour des raisons tout-à-fait similaires aux nôtres : l’hygiène, la protection, le confort mais aussi, si vous faisiez partie de l‘élite, pour façonner votre silhouette en fonction de la mode et c’est ce que nous faisons toujours aujourd’hui”, explique Edwina Ehrman, la conservatrice du musée.

Le corset, instrument de torture protéiforme

Et si, aujourd’hui, les femmes préfèrent modeler leur taille par le sport ou les régimes, nos ancêtres la sculptaient, elles, à l’aide de différents instruments de torture, tels que le corset.

Ces bustiers étaient réalisés à base d’os de baleine, autrement dit à base de kératine, une protéine fibreuse, robuste mais flexible.

“A partir de la deuxième moitié du XVIe siècle, on a commencé à utiliser des os de baleine. L négoce de ces os s’est accru et presque tous les corsets de cette période – peu importe la classe sociale de la femme – ont été renforcés par des os de baleine. La structure pouvait être aussi en plastique, en ivoire, en bois ou en rotin”, ajoute Edwina Ehrman.

Des os de baleine au Lycra

L‘évolution de la lingerie révèle avant tout les changements dans notre rapport au corps et à quel point les dessous sont liés à la mode.

“Le développement d’un filetage en plastique appelé Elastex en 1931 fut l’une des principales avancées techniques pour les sous-vêtements. Cela a également changé la manière d‘élaborer les corsets en permettant de réduire le nombre d’os de baleine dans la gaine. L’autre progrès majeur fut l’arrivée du Lycra sur le marché à partir de 1959” indique la conservatrice.

Des sous-vêtements masculins sont également présentés.

L’exposition est à voir jusqu’en mars 2017. Interdiction en revanche de la croquer.

Croquis interdits

Le musée a été brocardé par la presse britannique pour avoir empêché les visiteurs de réaliser des dessins des oeuvres présentées.

Pour le Times “cela revient à dire à un lecteur qu’il peut aller à la bibliothèque, mais qu’il n’a pas le droit de lire un livre”. Le musée manque ainsi à sa mission de formation des futurs artistes, souligne le journal.

Le musée a lui invoqué des “restrictions” concernant cette exposition pour justifier cette interdiction.

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