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Tafta : Bruxelles regrette des "malentendus" après la fuite de documents


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Tafta : Bruxelles regrette des "malentendus" après la fuite de documents

C’est la fin du mystère Tafta [Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement]. Les négociations autour du traité transatlantique étaient censées rester secrètes… mais c‘était sans compter sur Greenpeace.

L’ONG a publié lundi sur internet les 280 pages de documents de travail des diplomates européens et américains, téléchargeables ici : http://www.ttip-leaks.org/ .

Pour les militants écologistes, ils confirment leurs craintes. “En ce qui concerne la protection environnementale, la santé publique, les standards de production qui intéressent les consommateurs, la position de l’Union européenne est assez mauvaise, et celle des Etats-Unis encore pire, assure Jorgo Riss, directeur de Greenpeace Europe. Donc la perspective d’obtenir un compromis final entre les deux n’a rien d’encourageant.”

Les Etats-Unis affirment que cette interprétation est “trompeuse.” La Commission européenne regrette, elle, des “malentendus” et assure qu’elle n’acceptera “jamais” d’abaisser les normes de protection des consommateurs et de l’environnement.

“Est-ce que cela nous gêne pour la négociation ? Oui, bien sûr, a réagi Ignacio Garcia Bercero, négociateur en chef de l’Union européenne. Ce n’est pas bon pour la confiance du processus de négociation que ce type de document soit l’objet d’une fuite.”

Ces documents montrent avant tout que les discussions sont peu avancées et que les Américains sont peu enclins aux compromis, notamment sur la question des régulations.

Cela fait pourtant trois ans que les Etats-Unis et l’Union européenne négocient, en toute confidentialité, la création d’un marché commun de 800 millions d’habitants.

L’administration du président Obama comptait boucler les discussions cet été, avant la fin de son mandat. Mais la mission semble quasiment impossible, tant il reste de désaccords à surmonter.

Surtout, jamais projet d’accord de libre-échange n’aura été autant contesté en Europe par la société civile. La pétition en ligne “Stop TTIP” [le nom anglophone de Tafta] a rassemblé près de 3,5 millions de signatures en Europe. Le 23 avril dernier lors de la visite de Barack Obama en Allemagne, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté leur opposition à ce qu’il considère comme un risque de nivellement des normes européennes par le bas.

La réticence se fait également sentir au plus haut niveau de décision. Dimanche 1er mai, François Hollande a affirmé que la France “dirait non à toute conclusion” du traité de libre-échange transatlantique “qui mettrait son agriculture en difficulté”, faisant référence au refus des Etats-Unis de reconnaître les indications géographiques protégées.

De l’autre côté de l’Atlantique, la résistance s’organise également, notamment contre l’ouverture des marchés publics aux entreprises européennes.

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