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Lesbos : une seconde vie pour les gilets de sauvetage et pour les réfugiés ?


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Lesbos : une seconde vie pour les gilets de sauvetage et pour les réfugiés ?

Environ 10 000 gilets de sauvetage, c’est ce que Jai Mexis et Irene Psifidi ont collecté à Lesbos. Objectif, leur donner une seconde vie tout en aidant les Grecs et les migrants.

Jai a 25 ans, Britannique, de mère indienne, il vit et travaille en Grande-Bretagne, comme Irene. Il étudie l’architecture, Irene, l’environnement mondial, politique et société. Ils sont venus en Grèce pour aider les réfugiés, sont repartis, puis revenus en octobre 2015. Ensemble, ils ont fondé l’association Odyssea :


“Toute l’histoire a commencé de façon très spontané, quand j’ai visité Lesbos. J’ai essayé de trouver une solution au problème environnemental que la situation posait. C‘était plus une expérimentation. Une tentative pour montrer aux jeunes Grecs qu’ils pouvaient revenir au pays, que nous pouvions créer quelque chose, même à partir de déchets”, explique Jai Mexis, co-fondateur et directeur d’Odyssea.

Les plages de Lesbos sont le principal terminus d’arrivée pour des milliers de réfugiés. Pendant des mois et des mois, leurs gilets de sauvetage ont été abandonnés sur le rivage, désormais, ils sont collectés. En Turquie, les réfugiés paient entre 50 et 200 euros chacune de ces vestes sensées leur épargner le pire, autrement dit, la mort.

Jai Mexis servait des repas aux réfugiés avec un groupe de volontaires de Lesbos quand il a commencé à fabriquer des abris temporaires avec les restes de canots pneumatiques.

A présent, Odyssea met sur pied des ateliers avec des migrants et des volontaires où ils fabriquent des sacs et des matelas pour les réfugiés.

L’ONG invite ceux qui le veulent à venir les aider. Chacun reçoit un sac à main et un bracelet en remerciement… C’est un cercle vertueux d’entraide.


“Au début, les réfugiés ne parlent pas. Ils ont peur parce qu’ils ne savent pas à quoi s’attendre. Bien sûr, ils ont une histoire avec ces gilets de sauvetage, ils les ont utilisés pour venir de Turquie. Dans une certaine mesure, ils ont réussi à surmonter cette effroyable expérience et nous voulons en quelque sorte la partager avec eux”, nous explique Irene Psifidi, co-fondatrice et coordinatrice d’Odyssea.

Roheen Muradi, afghan, a 22 ans, il a perdu sa mère lors de la traversée de la mer Egée. 14 personnes étaient à bord du bateau, 11 se sont noyés, dont sa mère… Il participe à l’expérience Odyssea :

“Quand je vois un gilet de sauvetage, ça me rend triste et je commence à pleurer. Dans ces gilets de sauvetage, je vois ma mère. Quand les gardes-côtes grecs nous ont sauvés, ils m’ont dit qu’ils ne trouvaient pas mère, ils n’ont pas pu retrouver son corps dans la mer.”

Dans un second temps, le projet de Jai et Irene est de fabriquer des produits destinés à la vente pour générer des revenus pour les réfugiés et les habitants grecs de l‘île.

Ils veulent aussi lever des fonds pour acheter une unité mobile médicale pour les gens de Lesbos.

Leurs produits se vendront entre 25 et 100 euros pour les plus gros sacs en toile de canots pneumatiques… Dès juin, ils seront en vente sur le net et dans certains magasins.


“Ce n’est que le début”, explique Apostolos Staikos, de notre bureau d’Athènes, “l’objectif final est de créer une petite usine à Lesbos, dans laquelle les gilets de sauvetage seront transformés en sac et autres produits. Si tout se déroule sans accroc, la moitié des employés seront des locaux et la moitié des réfugiés. Mais pour que cela arrive, les réfugiés doivent d’abord obtenir le droit de travailler en Grèce.”

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