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La faim comme moteur de la révolution au Venezuela ?

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La faim comme moteur de la révolution au Venezuela ?

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De longues files d’attente, le rationnement… C’est le quotidien des habitants de Caracas…
Et la situation devient chaque jour un peu plus chaotique. Le Venezuela semble au bord de l’explosion.

Dès l’aube, ces Vénézuéliens partent donc à la recherche d’aliments à prix subventionnés, mais souvent, ils ne trouvent rien :


“Nous n’avons toujours pas trouvé un endroit où acheter du riz, des pâtes, du beurre, peu importe, pour donner quelque chose à manger à nos enfants. Comment c’est possible ? Pourquoi on est dans cette situation ? Et ils ne nous donnent aucune information pour savoir où trouver de quoi rapporter à la maison” témoigne, énervée, Maria Hernandez, habitante de Caracas.

“Ces files d’attente sont énormes, on en a jamais vu de pareil !”, explique une autre vieille dame.


Coupures d‘électricité quotidiennes, services publics opérationnels uniquement deux jours par semaine, manifestations, pillages, et un Etat qui pourrait être en défaut de paiement d’ici quelques mois…

Le Venezuela, autrefois riche producteur pétrolier grâce à ses réserves les plus importantes au monde, a plongé avec la chute des cours du Brut.


Le PIB a chuté de 3,9 % en 2014 et de 5,7 % en 2015.

Les entreprises vénézuéliennes du secteur industriel peu développé étaient 13 000 en 1999, elles ne sont plus que 4 000 en 2016 selon la confédération patronale.

Quant à l’inflation, elle galope et a atteint 180,9 % l’an dernier selon la Banque centrale du pays. Le FMI augure même le record effrayant de 700 % pour cette année.


Le rationnement énergétique et alimentaire mis en place pour faire face à cette crise provoque de violentes tensions, de la colère. Et les pillages de supermarchés sont de plus en plus fréquents.

L’Observatoire vénézuélien pour les conflits sociaux en a dénombré 107 au premier trimestre de cette année. Il a aussi recensé 17 manifestations spontanées par jour…



Selon un récent sondage, sept Vénézuéliens sur 10 réprouvent donc la gestion du Président Nicolás Maduro. Mais lui dénonce une conspiration internationale, met en cause les Etats-Unis, et le patronat vénézuélien, ordonnant même la saisie des usines “paralysées par la bourgeoisie” et l’emprisonnement des entrepreneurs qu’il accuse de saboter le pays.

La semaine dernière, il a décrété l‘état d’exception, sorte d‘état d’urgence économique, pour, dit-il, “défendre le pays”…

Et son bras de fer avec l’opposition s’est accentué depuis qu’elle a rassemblé début mai 1 million 800 000 signatures pour lancer le processus d’organisation d’un référendum destiné à le révoquer.

Mais pour l’heure, bien que l’opposition soit majoritaire au Congrès, le gouvernement a rejeté cette demande, et Maduro semble toujours bénéficier de l’appui de l’armée et de la police.


#maduroelpueblotienehambre

Sur les réseaux sociaux, le hastag #maduroelpueblotienehambre pullule, et les Vénézuéliens montrent leur hostilité au président Maduro :


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