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Inspirés des guêpes et des faucons, des "robots-secouristes"

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Inspirés des guêpes et des faucons, des "robots-secouristes"

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Le Val d’Aoste, dans les Alpes italiennes. “C’est ici que sont expérimentés des robots conçus pour venir aider les gens en difficulté dans un milieu hostile“, explique l’envoyé spécial d’euronews, Philippe Mathieu. Cette expérimentation s’inscrit dans le cadre d’un projet européen, appelé SHERPA (“Smart collaboration between Humans and ground-aErial Robots for imProving rescuing activities in Alpine environments”).

> Sit internet du projet (anglais seulement) : cliquer ici

Ces robots s’inspirent d’animaux alpins : les guêpes, les faucons, les ânes.

Avant d’en arriver là, il a fallu trois ans de recherches réparties entre les 10 partenaires (7 universités, deux sociétés et une association), tous liés aux systèmes cognitifs et à la robotique.

Le chef d’orchestre et coordinateur du projet SHERPA est le professeur Lorenzo Marconi de l’université de Bologne. 
Dans son équipe, figurent Foresta de l’Université de Brême (Allemagne), Jonathan de l’Université de Naples (Italie) ou encore Michele de l’Université de Bologne (Italie).
Et puis il y a le professeur Patrick Doherty, directeur de recherche à l’Université de Linköping (Suède).

L’idée de départ, c’est de développer des systèmes, des systèmes robotiques, capable d’aider les équipes de secouristes, des secouristes dans les Alpes, ou ailleurs en Europe“, explique-t-il.

Le professeur Doherty et son équipe veillent sur les HAWKS. Il s’agit de deux petits hélicoptères capables d’embarquer une charge utile de 30 kilos comme des scanners, des caméras thermiques ou plus simplement de l’eau ou des vivres.

Des avions modèles réduits font aussi partie du projet. Ce jour là, dans des conditions de vents forts, on éprouvait les automatismes.

Localiser les randonneurs égarés

Les secouristes, comme ici les Soccorsi Alpini, suivent de très près l‘évolution du projet.
Adriano Favre est le responsable des secours dans le Val d’Aoste.
L’un des gros problèmes, c’est quand on doit retrouver des randonneurs ou de simples promeneurs qui se seraient égarés, explique-t-il. Pour les localiser, dans de grands espaces, il faut déployer un grand dispositif de secours, en hommes et en matériel. Pouvoir compter sur une assistance technique, cela devrait beaucoup nous aider. On ne sera plus forcément obligé de suspendre des recherches à cause de la nuit, ou quand la visibilité est très mauvaise. Dans ces cas là, un hélicoptère ne peut pas voler. Un drone, lui, le peut.

Cela vaut pour un drone, mais aussi pour ces petits hélicoptères développés au Japon il y a déjà une quinzaine d’années pour l’agriculture. Au départ pilotés à distance, ils prennent désormais leur autonomie.

Les systèmes ne sont pas totalement commandés par des hommes. Le rôle des hommes, c’est de définir la mission, de définir la zone d’intervention et de dire au robot : ‘c’est cette zone qui est intéressante et qu’il faut aller étudier’. On appuie ensuite sur un bouton, et c’est le robot qui va automatiquement aller étudier la région indiquée.Prof. Patrick Doherty

On imagine tout l’intérêt d’un tel dispositif dans le cas, par exemple, d’un crash d’avion comme celui de German Wings il y a un an dans un site des Alpes françaises très difficile d’accès.

Reste que l’automatisation a des limites que ne veulent d’ailleurs pas franchir les chercheurs.

“_Notre objectif, ce n’est pas de remplacer les hommes, les secouristes, mais c’est de les aider dans leur travail. Avec le projet SHERPA, l’homme est au centre. Le secouriste reste le cerveau du système, un cerveau occupé. Il est central car il a l’expérience qui, à ce jour, fait défaut aux machines.” Professeur Lorenzo Marconi

SHERPA travaille aussi sur des robots terrestres destinés à ravitailler les drones. Nul doute que dans un futur proche, les secouristes vont pouvoir disposer de nouvelles recrues.

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