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Comment y voir clair dans le chaos libyen ?

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Comment y voir clair dans le chaos libyen ?

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La Libye est redevenue le principal point de passage des migrants vers l’Europe, après la fermeture de la route des Balkans et le blocus de la mer Egée. Et même si la traversée est plus dangereuse, les candidats ne manquent pas, car les frontières perméables de la Libye restent un atout pour des centaines de milliers d’Africains.

Mais 5 ans après la chute du régime de Khadafi, le pays situé, à 300 kilomètres des côtes européennes, est toujours livré aux milices armées et meurtri par les violences. Il est gouverné par deux autorités rivales, l’une à Tripoli, l’autre dans l’Est, un chaos permettant à Etat islamique de s’implanter.



Débarqué à Tripoli le 30 mars dernier, Fayez al-Sarraj a mis en place un gouvernement d’union nationale, le GNA, qui est soutenu par l’ONU. En débarquant Al-Sarraj a réussi à se faire accepter par la coalition de Misrata et ses milices qui faisaient la loi dans la capitale depuis août 2014. Le GNA contrôle désormais plusieurs aéroports, la banque Centrale et la compagnie nationale de pétrole, mais il reste confiné sur la base navale de Tripoli.

Dans l’Est de la Libye, des autorités parallèles refusent donc de céder le pouvoir. Un temps reconnu par la communauté internationale, elles ne veulent pas laisser le champ libre au GNA sans le vote de confiance, maintes fois reporté, du Parlement qui lui est affilié et qui s’est réfugié à Tobrouk.
Et ces autorités résistent grâce au soutien des unités de l’armée sous commandement du Général controversé Khalifa Haftar.

Ce clivage entre Ouest et Est empêche toute lutte unifiée contre Daech.

Les troupes du GNA, des milices et des gardes des installations pétrolières, équipés de ces pick-ups, ont déjà réussi à reprendre une localité des mains des jihadistes à Abou Grein, à 130 km de Syrte.



Elles se sont engagées dans une compétition avec les troupes de l’Est pour être les premières à lancer la grande offensive contre Syrte, devenu le fief des jihadistes en Libye depuis février 2015.



Venu de Tunis il y a deux mois, Fayez al-Sarraj, l’actuel Premier ministre du gouvernement d’union nationale, peine donc à réconcilier les Libyens, et en ce sens, il a douché les espoirs de la communauté internationale, qui voit le pays sombrer économiquement.


“Il existe de nombreuses raisons à nos problèmes économiques, d’abord et avant tout l’absence d’exportations de pétrole depuis les ports et les champs de pétrole. C’est principalement ce qui paralyse l‘économie libyenne et a entraîné la perte de quelque 70 milliards de dollars au cours des deux dernières années”, explique l’analyste Wahid Jabbo.

Avec la chute du prix du brut, et l’instabilité du pays, les prix dans l’alimentation, la santé et les transports, ont battu des records de hausse depuis 2015. Et avec le ramadan qui commence début juin, on craint déjà les pénuries de liquidité pour acheter de la nourriture ou pallier aux coupures de courant…


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