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Le génocide arménien désormais reconnu par 29 pays

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Le génocide arménien désormais reconnu par 29 pays

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Malgré les menaces du président turc, le Bundestag a tenu bon : jeudi, les députés allemands ont adopté une résolution symbolique dans laquelle ils reconnaissent formellement le génocide arménien de 1915, un massacre qui coûta la vie à 1,5 million de personnes.

Ankara a immédiatement qualifié cette résolution de “nulle et non avenue” et a rappelé son ambassadeur à Berlin alors que les relations germano-turques connaissent déjà une certaine crispation.
L’Arménie, de son côté, a salué ce vote historique.

Une définition officielle du génocide

Alors que les hommes politiques turcs évoquent de “tristes événements” ou parlent de “douleur commune” pour qualifier le massacre de 1915, il existe pourtant une définition offcielle du mot génocide au niveau international.

En 1951 est entrée en vigueur une convention de l’ONU dans laquelle il est précisé que le génocide est le résultat “d’un certain nombre d’actes commis dans l’intention de détruire, intégralement ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux”.

Dans son préambule, la convention précise qu’elle “condamne ce crime, qu’il soit commis en temps de paix ou en temps de guerre”, et rappelle que les peines prévues doivent être “imprescriptibles” et qu’elles “ne sont pas assujetties à des limitations de temps et de lieu”.

Qui reconnaît le génocide arménien ?

Avec le vote du Bundestag, 29 Etats reconnaissent désormais ce massacre en tant que génocide.

Plusieurs parlements ou gouvernements régionaux ont également adopté des résolutions allant dans ce sens.

  • Royaume-Uni : Pays de Galles, Ecosse et Irlande du Nord
  • Espagne : Pays basque, Catalogne, Aragon, Navarre, îles des Baléares
  • Etats-Unis : 44 Etats fédérés sur 50
  • Australie: New South Wales, South Australia

Le point de vue des Turcs

La Turquie admet que de nombreux chrétiens arméniens ont été massacrés par les Ottomans durant la Première Guerre mondiale. Mais elle nie que des centaines de milliers d’Arméniens aient été tués délibérément et que ces crimes aient commis de manière organisés ou commandés par les autorités ottomanes, et notamment par le parti des Jeunes turcs.

Notre correspondant en Turquie, Bayraktar Bora écrit par ailleurs qu’Ankara estime que la question arménienne est utilisée à des fins politiques au détriment d’une analyse historique basée sur des faits et des preuves. Un argument étonnant au regard de l’impressionnante bibliographie abordant cette question. La Turquie demande d’ailleurs la création d’un comité international d’historiens chargé de débattre de la question arménienne. Mais cette proposition a notamment été rejetée par les Arméniens.

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