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Omer Meir Wellber, "savant spontané" à Dresde

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Omer Meir Wellber, "savant spontané" à Dresde

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C’est l’un des chefs d’orchestre les plus talentueux de sa génération : l’israélien Omer Meir Wellber. Nous avons rencontré cet ancien assistant de Daniel Barenboim au Festival de musique de Dresde. Il a eu l’occasion de diriger le prestigieux Orchestre philharmonique d’Israël en l‘église Notre-Dame, édifice hautement symbolique pour l’Histoire de la ville.

A Dresde, la musique semble révéler toute sa puissance en rapprochant talent, architecture et histoire. Le chef d’orchestre israélien Omer Meir Wellber a investi avec l’Orchestre philharmonique d’Israël, la splendide église baroque Notre-Dame de Dresde. Un édifice hautement symbolique, pratiquement rasé à la fin de la Seconde Guerre mondiale et reconstruit après la réunification allemande. Le concert était donné dans le cadre du Festival de musique de Dresde dédié notamment à Israël cette année.

“Cette nouvelle génération qui donne un bouffée d’air frais”

Jan Vogler, directeur général du Festival de musique de Dresde, revient sur ce choix de thème : “Il était important pour moi que le festival contribue musicalement à la réflexion et au souvenir en mettant l’accent sur Israël, dit-il. On se replonge dans l’Histoire et on montre quels sont les liens culturels entre nos deux pays,” souligne-t-il.

“Aujourd’hui, nous sommes les représentants d’une nouvelle génération, assure le chef d’orchestre israélien, Omer Meir Wellber avant d’ajouter : D’une certaine manière, l‘église Notre-Dame et le Philharmonique d’Israël appartiennent à cette génération qui ouvre les portes et donne une bouffée d’air frais.”

“Sens de l’humour juif” chez Chostakovitch

Au programme du concert : la Symphonie n°6 de Dimitri Chostakovitch écrite en 1939. Le compositeur russe s’est toujours senti proche de la culture juive. “Il est clair que j’ai un lien tout particulier avec Chostakovitch,” confie Omer Meir Wellber. “C’est peut-être ma symphonie préférée de ce compositeur,” indique-t-il. “Il réussit à raconter une histoire immense : cela commence par un moment qui est vraiment très transcendantal, spirituel et cela se termine comme si on était au cirque, explique le chef d’orchestre. Donc en un sens, c’est vraiment du Chostakovitch, mais il y a aussi ce sens de l’humour très juif : dans les pires situations, il y a toujours ce sens de l’humour sur lequel on peut compter,” dit-il.

Ancien assistant de Daniel Barenboim, le jeune chef âgé de 34 ans qui considère la ville de Dresde comme son deuxième foyer aime arpenter d’autres chemins musicaux. Il joue de l’accordéon et du piano. “J’aime jouer parce que je crois, cela permet de rester connecté au monde réel, aux musiciens et à la musique parce que quand on dirige, vous savez, on peut penser qu’on est le seul à faire la musique : on fait beaucoup, mais ce n’est pas nous qui faisons la musique,” reconnaît Omer Meir Wellber.

Pour être encore plus proche de ses musiciens, Omer Meir Wellber a l’habitude de diriger sans partition. “J’aime le fait de pouvoir créer la musique ex-nihilo, regarder le public, communiquer avec lui et observer pour être conscient de ce qui se passe pendant le concert,” insiste-t-il.

Jan Vogler : Omer Meir Wellber “a vraiment du tempérament”

Pour le directeur général du Festival Jan Vogler, le chef d’orchestre israélien “a vraiment du tempérament et c’est assez rare en réalité : il y en a beaucoup qui font le show, qui font de grands gestes, mais chez lui, ce n’est pas artificiel. Il a aussi une ouïe exceptionnelle, il entend tout, il compose lui-même et il a beaucoup d’imagination, précise-t-il avant de conclure : Je dirais que c’est quelqu’un qui explore de nouvelles pistes avec créativité.”

Mais le mot de la fin revient à Omer Meir Wellber lui-même : “Je crois qu’il faut être un savant spontané : il faut apprendre beaucoup, connaître tout, répéter tout et ensuite, trouver comment être vraiment spontané,” lance-t-il dans un sourire.

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