DERNIERE MINUTE

Vous lisez:

Yannick Nézet-Séguin à Vienne : "Je réalise un grand rêve"

musica

Yannick Nézet-Séguin à Vienne : "Je réalise un grand rêve"

En partenariat avec

C’est le chef d’orchestre que tout le monde veut engager. Récemment désigné pour succéder à James Levine à la direction musicale du Metropolitan Opera de New York, le québécois Yannick Nézet-Séguin a mis un point final éclatant à sa tournée avec le Philharmonique de Vienne dans sa salle du Musikverein en livrant une splendide Neuvième Symphonie de Bruckner.

“Pour moi, diriger cette œuvre, cet orchestre dans cette salle, confie Yannick Nézet-Séguin, c’est peut-être le plus grand rêve de ma vie ! J’ai essayé d‘évacuer cette pensée toute la semaine pour ne pas me rajouter un stress insoutenable [rires], mais pour moi, insiste-t-il, c’est quand même l’accomplissement d’un grand rêve !”

Bruckner : “Hors du temps, du monde et des sentiers battus”

Pour le chef d’orchestre, le compositeur autrichien est unique : “Bruckner était tourné vers les hommages que ce soit à Beethoven, à Wagner et il faisait de son mieux pour trouver un langage qui finalement, est complètement hors du cours de l’Histoire de la musique, estime-t-il avant d’ajouter : C’est à mon avis ce qui fait toute la beauté de Bruckner : son aspect hors du temps, hors du monde, hors des sentiers battus rend ce compositeur plus difficile à comprendre, mais peut-être encore plus unique et plus spécial.”

“Ne pas trop se laisser influencer par le tourbillon ambiant”

Interrogé sur son énergie communicative sur scène et sur les multiples projets qu’il mène de front, il répond : “L’introspection, c’est le chemin naturel, obligé d’un artiste sur la durée qui a la chance comme moi de faire de la musique depuis que j’ai cinq ans. J’ai aussi une énergie physique qui me permet de faire beaucoup de projets, poursuit-il, de m’investir physiquement et donc, intellectuellement dans chaque projet à fond, mais cela n’empêche pas l’introspection, il faut trouver ce qu’on a dire : quel est le vrai message dans chaque oeuvre que l’on veut donner aux gens ? Et donc, il ne faut pas trop se laisser influencer par le tourbillon ambiant,” indique-t-il. Dans une vidéo retrouvée par un média canadien, on découvre sa passion précoce pour le métier de chef d’orchestre. Voici comment il “dirigeait” le Boléro de Ravel à l‘âge de dix ans.

Young Yannick Nézet-Séguin conducts in home video

Over 30 years ago, a young Yannick Nézet-Séguin decided he wanted to become a conductor. Now, the city that saw him surpass his wildest dreams is rejoicing with him: www.cbc.ca/1.3613815

Publié par CBC Montreal sur dimanche 5 juin 2016

Enfin, Yannick Nézet-Séguin évoque ce qui pour lui, fait tout le sens de son métier : “C’est ma mission en tant que musicien, on a tous ce rôle de donner de la beauté au monde. Comme chef d’orchestre, c’est encore plus notre rôle : nous sommes des gens qui devons apporter de la beauté et du bonheur aux gens, c’est la raison même de notre art, assure-t-il. Et quand on dit beauté et bonheur, cela ne veut pas nécessairement dire toujours de la joie, du fun et de la ‘party’, mais cela veut dire quand même qu’il y a une joie avec un grand “J” qui est sous-jacente à tout ce qu’on fait,” conclut-il avec enthousiasme.

Prochain article