DERNIERE MINUTE

Vous lisez:

Arles : le grand laboratoire de la photo

Cult

Arles : le grand laboratoire de la photo

En partenariat avec

Début juillet, la ville d’Arles se transforme en un gigantesque laboratoire photo. Tous les grands noms se retrouvent dans ce que l’on appelle les Rencontres. Cette année une place de choix est réservée à Don McCullin, qui a photographié les guerres de la fin du XXe siècle.

Sam Stourdzé est le directeur artistique des «Rencontres» : “La photographie raconte le monde à travers des voix différentes. On se promène d’un sujet à l’autre. Nos visiteurs pénètrent dans une vingtaine de lieux à travers la ville nous sommes là dans l‘église Ste Anne, une église qui nous est laissée le temps d’un été et c’est le grand Don McCullin, l’un des photographes de guerre du XXe siècle les plus importants, pour une exposition assez particulière puisqu’on montre tout… sauf la guerre. Elle est en fait dans les vitrines à travers les pages des magazines. Et au mur on a une centaine de photos qui montrent le travail avant, le travail après et qui montre surtout que chez Don McCullin cette idée du conflit est permanente.”

Dans les rues, le signe de reconnaissance c’est l’appareil photo. Plus de 13 000 professionnels sont accrédités. Les amateurs sont invités à des dizaines d’expositions qui présentent 3500 photos. L’ambiance est détendue.

Les conférences peuvent aussi se passer dans la rue comme celle de Seamus Murphy qui a fait un travail avec la chanteuse PJ Harvey. Un documentaire va bientôt naître de ce travail présenté à Arles sous la forme de l’expo The Hollow of the Hand

Seamus Murphy : “Quand j’ai rencontré PJ Harvey, elle avait vu mon travail sur l’Afghanistan, elle l’avait aimé et elle voulait que je prenne des photos pour l’album qu’elle faisait “Let England Shake”. Donc on avait fait ce projet pour faire avec elle un film pour son dernier album. Mais là cette fois nous avons décidé de travailler et de collaborer sur ce projet dès le début.”

Le photographe et la chanteuse se sont rendus ensemble en Afghanistan, à Washington DC et au Kosovo.

Seamus Murphy : “Le Kosovo, j’y étais allé à la fin des années 90 pendant la guerre et j’avais montré à Polly certaines des photos au tout début où nous nous sommes rencontrés. Et ces photos l’avaient beaucoup intéressée, parce qu’elle avait suivi ce qui se passait au Kosovo avec la crise des réfugiés. Et donc nous avons vraiment voulu aller là bas.”

PJ Harvey

PJ Harvey que nous avons retrouvée le soir au Théâtre antique d’Arles. Les “Rencontres” y organise des projections. Ce soir là, devant 2000 personnes, la chanteuse a lu ses poèmes devant les images de Seamus Murphy.

La deuxième partie de la soirée était consacrée à Don McCullin. Le photographe, qui a 80 ans aujourd’hui a couvert les conflits et les crises. De Berlin au Vietnam en passant par le Biafra et les SDF. Il a parlé de sa maison “hantée” par ses 60 000 négatifs.

Il est aussi revenu sur l’importance des expositions et d’un festival comme Arles pour montrer ses photos.

Don McCullin : “C’est le seul endroit désormais. Les journaux ne veulent plus montrer ce genre de chose. Ils recherchent le sensationnel. Il veulent faire de l’argent. Ils veulent montrer les gens beaux, des stars de cinéma, des gens riches, des footballeurs. Ils ne veulent plus de ça. De gens qui meurent du Sida. Ils pensent qu’ils se sont achetés une bonne conduite. Mais ils nous rendent un très mauvais service. Ils censurent la réalité de la vie. Ils enterrent les tragédies dans le sable pour que nous ne les voyons pas.”

Les expositions se poursuivent jusqu’au 25 septembre.

ALL VIEWS

Touchez pour voir
Prochain article