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Pour comprendre la colère de la rue au Venezuela

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Pour comprendre la colère de la rue au Venezuela

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Au Venezuela, le bras de fer avec Nicolás Maduro dure depuis 8 mois, depuis que l’opposition dispose de la majorité au Parlement, une première en seize ans.

Avec ses 112 députés, soit une majorité des deux tiers, l’opposition compte alors imposer son agenda, dont une loi d’amnistie, voire plus, selon le président du Congrès Henry Ramos, qui déclarait en janvier 2016 :
“(…) Pour nous, il s’agit de chercher, dans une période de 6 mois à compter d’aujourd’hui, une voie électorale, constitutionnelle, démocratique et pacifique, pour mettre un terme à ce gouvernement.

En mars, l’opposition lançait deux initiatives pour faire partir le président Maduro : elle a d’abord voulu modifier la constitution pour réduire son mandat de 6 à 4 ans, mais a échoué. Elle s’est ensuite lancée dans le processus d’organisation d’un référendum révocatoire, un processus prévu à mi-mandat du président en exercice dans la nouvelle constitution mise en place par Hugo Chavez en 2004 .

Pendant ce temps, Nicolás Maduro tentait de faire face à une situation économique qui se dégradait rapidement en prenant des décisions drastiques.

En mai, suite à l’autorisation de la Commission nationale électorale, l’opposition a commencé à rassembler les signatures pour déclencher le référendum révocatoire.

Le premier pas était de rassembler 195 000 signatures, soit 1 % de l‘électorat.

Le 8 juin 2016, la CNE a validé 1,3 million de signatures recueillies par l’opposition.

Trois semaines auparavant, le 13 mai exactement, le président Maduro avait décrété l‘état d’exception économique pour “protéger le pays”, faisant état de “menaces extérieures” et de “sabotage” intérieur. Et il ordonnait la saisie d’usines.

De son côté, l’opposition poursuivait le processus de mise en place du référendum révocatoire, dont la deuxième étape exige la confirmation des signatures.

Il fallait certifier au moins 200 000 signatures. Une deuxième étape réussie : le 1er août, la CNE a validé 399 412 signatures, presque le double requis.

Mais depuis, la Commission nationale électorale a annoncé que la troisième étape n’aurait lieu que fin octobre, repoussant encore l‘échéance de l’organisation éventuelle du référendum, ce qui a provoqué la colère de la rue.

La dernière étape du processus n’est pas la moindre. L’opposition doit en effet rassembler 4 millions de signatures en 4 jours, puis les confirmer.

Et les dates sont importantes dans ce processus, car le référendum doit ensuite avoir lieu avant le 10 janvier 2017 pour provoquer des élections anticipées.

Passée cette date, même si Maduro est destitué, ce sera à son vice-président de prendre la relève jusqu‘à la fin du mandat.

Les manifestants et l’opposition n’auraient alors plus de recours légal pour obtenir le changement auquel ils aspirent.


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