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La succession de Karimov est désormais ouverte

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La succession de Karimov est désormais ouverte

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L’homme a été le seul président de l’histoire de l’Ouzbékistan. Plus de 26 ans qu’Islam Karimov dirigeait d’une main de fer. A la tête d’un pays point de passage historique entre Asie et Europe, l’ancien apparatchik du parti communiste a su jouer de sa position. Très proche de Moscou – Vladimir Poutine a déploré “une perte immense” et salué “un homme d’Etat de la plus grande autorité” – l’Ouzbekistan était aussi un allié des Etats-Unis dans sa lutte contre les talibans d’Afghanistan. Karimov un vestige de l‘ère post soviétique au point que même la date précise de son décès n’est pas connue, il serait mort depuis plusieurs jours. Nadejda Atayeva est opposante. Fille d’un ministre tombé en disgrace, elle a été contrainte à l’exil. “Il n’aura jamais répondu de ses crimes commis sous son régime. Il livre un héritage terrible. Ses successeurs vont vouloir continuer sa politique. C’est la chose la plus dure à supporter.”

Sa mort laisse un vide politique dans cette région stratégique en proie à la montée du terrorisme islamiste. Malgré des rumeurs persistantes sur la fragilité de son état de santé, Islam Karimov n’a publiquement désigné aucun successeur dans ce pays qui est l’un des principaux exportateurs mondiaux de coton et frontalier de l’Afghanistan.

Un temps favorite, sa fille aînée Goulnara est tombée en disgrâce après avoir comparé son père à Staline. Elle est désormais assignée à résidence.

En l’absence de plan pour assurer sa succession, sa disparition risque donc d’ouvrir une lutte pour le pouvoir, selon les experts.

Et même s’il existait un tel plan, “les prétendants vont-ils le suivre ? Vu que cette situation est sans précédent pour l’Ouzbékistan en 25 ans d’indépendance, personne ne sait si les gens suivront les règles une fois l’arbitre parti”, s’est inquiété Scott Radnitz, spécialiste de ce pays auprès de l’Université de Washington.

Les prétendants les plus crédibles à la succession d’Islam Karimov sont son Premier ministre Chavkat Mirzioïev et le vice-Premier ministre Roustam Azimov, qui sont apparemment rivaux.

Autre candidat, le puissant chef de la sécurité Roustam Inoyatov, 72 ans, considéré comme l’un des responsables de la mort de 300 à 500 manifestants pendant une manifestation à Andijan (est) en 2005 réprimée par les forces de l’ordre.

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