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Au fait, c'est quoi le "hajj" ?

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Au fait, c'est quoi le "hajj" ?

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Le hajj pour ceux qui n’y connaissent rien

Le pèlerinage à La Mecque – le “hajj” en arabe – fait partie des cinq piliers de l’islam que tout fidèle se doit d’accomplir au moins une fois dans sa vie, s’il en a les moyens financiers et la capacité, et qu’il soit chiite ou sunnite. Le pèlerinage dans cette ville sainte d’Arabie Saoudite a lieu chaque année lors du douzième mois de l’année musulmane (du 8 au 13 du mois lunaire). Selon la tradition, le prophète Mahommet s’y rendra plusieurs fois mais La Mecque était déjà un centre de pèlerinage avant l’islam.
Les fidèles qui ont pu faire ce pèlerinage peuvent se voir accoler à leur nom le mot hâj ou hâjjî comme marque honorifique lorsqu’on s’adresse à eux.

Les rites du hajj

Le pèlerinage se décompose en plusieurs rites bien que le Coran ne donne que peu d’indications sur son déroulement.

L’ihram: il s’agit pour le pèlerin de proclamer, par trois fois, son intention d’effectuer ce rite spirituel pour se mettre en état de sacralisation. Pour y parvenir, il doit être purifié et ne doit porter que des pièces de tissu blanc non cousues pour les hommes, alors que les femmes portent des habits couvrant entièrement le corps à l’exception des mains et du visage. Les pèlerins, durant cette période, ne doivent pas se parfumer, ni se couper les cheveux ou les ongles. Ils doivent s’abstenir de toute querelle et de toute relation sexuelle.

Le Tawaf: ce terme se traduit en français par circumambulation. Il s’agit pour le pèlerin de faire sept fois le tour de la Kaaba, une construction en granite en forme de cube, au sein de la Grande mosquée. La Kaaba est le monument vers lequel les musulmans se tournent et prient cinq fois par jour. S’il le peut, le pèlerin touche et embrasse la pierre noire incrustée dans l’un des coins de la Kaaba.

Le Sa’i (la course en arabe) : en mémoire de Hajar, l‘épouse du prophète Abraham, le fidèle doit parcourir sept fois le chemin entre Safa et Marwa, distants de 400 mètres et proches de la Grande mosquée. Selon la tradition, Hajar avait couru entre ces deux lieux pour chercher de l’eau à son fils, le prophète Ismaïl, jusqu‘à ce que la source de Zamzam jaillisse à ses pieds.

Déplacement à Mina: le pèlerin doit ensuite se rendre dans la vallée de Mina, à cinq km à l’est de la Grande mosquée, pour y passer la nuit avant le moment fort du hajj, le stationnement sur le Mont d’Arafat, une journée consacrée à la prière et aux invocations.

Aïd al-Adha : à la tombée de la nuit, les pèlerins retournent vers la plaine de Mouzdalifa pour se préparer, le lendemain, à l’Aïd al-Adha, qui consiste à immoler une bête en mémoire d’Abraham. Ce dernier avait failli immoler son fils Ismaïl avant que l’ange Gabriel ne lui propose in extremis de sacrifier un mouton à sa place, selon la tradition. Les pèlerins ont la possibilité de payer le montant de l’offrande à une banque gérée par les autorités locales.

Les fidèles se consacrent après à la lapidation des stèles représentant Satan à Mina, à 8 km de Mouzdalifa. Il faut jeter sept pierres le premier jour sur la grande stèle, et 21 pierres le lendemain ou le surlendemain sur les trois stèles (grande, moyenne, petite).

Taqṣīr (diminiution, nettoyage) : Avant de rentrer chez lui, le pèlerin doit faire une dernière circumambulation pour dire adieu et sortir de l‘état de sacralisation.

Chaque année, un cortège de drames

La Mecque reçoit plusieurs millions de pèlerins tous les ans, ce qui en fait un des lieux de pèlerinage les plus visité du monde musulman, après la procession de Arba‘ïn en Irak. Les autorités ont fixé des règles (tirage au sort notamment) afin de limiter le nombre de pèlerins. Malheusement des bousculades mortelles sont régulièrement enregistrées. Celles-ci auraient déjà causé la mort de plus de 4000 personnes ces 40 dernières années. Voici quelque dates-clés des pires tragédies.

31 juillet 1987 : lors d’une manifestation interdite, des pèlerins iraniens affrontent les forces de sécurité saoudiennes. Bilan : 402 morts, dont 275 Iraniens, selon un bilan officiel saoudien.

2 juillet 1990 : une bousculade se produit dans un tunnel de Mina, vraisemblablement à la suite d’une panne du système de ventilation. 1 426 pèlerins, asiatiques pour la plupart, meurent asphyxiés.

15 avril 1997 : un incendie provoqué par un réchaud à gaz se propage dans des campements de toile de pèlerins dans la vallée de Mina. Bilan : 343 morts et plus de 1 500 blessés.

12 janvier 2006 : 364 personnes sont tuées lors du rituel de la lapidation de satan à Mina.

24 septembre 2015 : 769 personnes auraient trouvé la mort selon les autorités saoudiennes, essentiellement des Iraniens, après une nouvelle catastrophe. D’autres sources évoquent près de 2300 morts.

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