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Législatives en vue en Russie : panorama de la situation

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Législatives en vue en Russie : panorama de la situation

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Les Russes votent dimanche 18 septembre pour renouveler les 450 sièges de la Douma, le Parlement fédéral. L‘élection a été avancée. Habituellement, elle se tient le 4 décembre. Un changement, officiellement pour plus de cohérence dans le suivi du vote du budget 2017, mais qui pourrait accroître l’abstention, car l’apathie des électeurs est remarquable.

Seulement 9 % d’entre eux déclarent suivre la campagne électorale, 43 % disent l’ignorer complètement, selon l’institut de sondage et centre d‘études Levada, classé récemment “agent de l‘étranger” par Moscou.

Ces sondages donnent gagnant le parti au pouvoir Russie Unie, dont le candidat est le Premier ministre sortant Dmitri Mevedev. Or il n’obtiendrait que 41,1 % des voix et donc perdrait la majorité constitutionnelle fixée à 300 sièges. Le président Vladimir Poutine, qui, légalement, ne peut pas “prêter” son image à Russie Unie, s’est toutefois montré ces derniers jours aux côtés de Medvedev.

Les communistes de Guennadi Ziouganov perdraient leur deuxième place au sein de la Douma, une position qu’ils occupent depuis les années 1990. Seulement 7,4 % des Russes seraient prêts à voter en leur faveur. La plupart des électeurs de Ziouganov sont des retraités. Lui-même a 72 ans et a refusé de céder sa place à un autre leader.

Le bénéficiaire de cette baisse serait le Parti libéral-démocrate de l’ultranationaliste Vladimir Jirinovski qui remporterait cette fameuse seconde place en obtenant 12,6 % des voix, son meilleur résultat depuis 1993, selon les sondages.

Le chef du parti “Une Russie juste”, Sergueï Mironov est, lui, certain que son parti comptera parmi les seuls quatres partis aujourd’hui présents à la Douma et qui y resteront. Aucun autre n’y entrera, selon lui, et tous les quatre, dit-il, soutiennent le président Poutine.

En effet, l’opposition semble avoir peu de chances d’entrer à la Douma, malgré la baisse de 7 à 5 % du seuil de voix à obtenir pour pourvoir entrer au parlement.

Victime de ses divisions, même PARNAS, le parti libéral de l’ex-Premier ministre Mikhaïl Kassianov n’arrive pas à mobiliser les électeurs déçus de la gestion de Russie Unie.

Car la Russie est en récession depuis 2014 et les revenus réels sont en baisse pour la première fois depuis 15 ans, soit depuis que Vladimir Poutine est au pouvoir ou presque.

Le président russe, qui, samedi, a inauguré un nouveau train de banlieue à Moscou, serait déjà occupé à planifier l‘élection présidentielle de 2018, qu’il pourrait avancer à l’année prochaine, mais il n’a pas encore annoncé sa candidature.


L’Institut de sondage et centre Levada

Le centre de sondages Levada, le seul institut d‘études sociologiques indépendant en Russie, et l’un des trois plus important du pays, a été enregistré lundi 5 septembre comme “agent de l‘étranger” par la justice russe, une dénomination controversée attribuée aux ONG recevant des fonds de l‘étranger.

Le centre “a été inclus dans le registre des organisations non commerciales remplissant les fonctions d’agent de l‘étranger”, a déclaré le ministère russe de la Justice dans un communiqué.

“Les conséquences de cette décision sont très néfastes pour nous”, a déclaré à l’AFP le directeur du centre, Lev Goudkov. “Nous ne pouvons pas travailler dans ces conditions. Cela signifie la fin des études sociologiques indépendantes dans le pays.”

Et cette décision a été prise deux semaines avant les élections législatives. Si le Centre Levada ne gagne pas en appel, il pourrait fermer.

Ce centre, réputé en Russie comme à l‘étranger pour son indépendance et le sérieux de ses études, a été créé en 2003 par le sociologue Iouri Levada, décédé trois ans plus tard.

Directeur depuis 1988 de l’institut de sondage public Vtsiom, Iouri Levada s‘était alors opposé à la décision de l’Etat de reprendre sous son contrôle Vtsiom, estimant que l’objectif était d‘éviter la publication d’enquêtes d’opinion défavorables au pouvoir.

En 2012, la Russie a voté une loi obligeant les ONG qui reçoivent un financement étranger et ont une “activité politique”, une formule particulièrement floue, à s’enregistrer en tant qu’“agent de l‘étranger” et à s’afficher en tant que telle dans toute communication ou activité publiques.

Pour information, le terme d’“agent de l‘étranger” était appliqué à l‘époque stalinienne aux opposants réels ou supposés, mais il était aussi employé par les autorités soviétiques dans les années 1970 et 1980 pour qualifier les dissidents, accusés d‘être à la solde de l’Occident.

Avec AFP

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