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Législatives russes : participation en baisse et victoire de Russie unie attendues

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Législatives russes : participation en baisse et victoire de Russie unie attendues

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Dimanche, les Russes vont élire leurs représentants à la Douma, le Parlement. Ces élections de 2016 peuvent-elles changer le paysage politique, la disposition des principaux acteurs au pouvoir ? Le directeur du centre d‘étude de l’opinion publique ( VCIOM ), Valeri Fiodorov était notre invité, il fait le point sur la situation avec une journaliste de notre rédaction russe Marina Ostrovskaya, juste avant les élections.

Selon les résultats de vos derniers sondages, vous dites que le parti au pouvoir, Russie unie, sera dans tous les cas de figure le vainqueur de ces élections. En même temps, les sondages montrent sa baisse de popularité. Comment l’expliquez-vous et quelles en sont les raisons ?

Valeri Fiodorov :

“Pendant les trois derniers mois, le soutien affiché au parti Russie unie a baissé de 45 à 39 %. C’est une tendance très nette, mais lente.
Et notre dernière enquête d’opinion que nous avons achevée le week-end dernier montre que cette baisse s’est arrêtée. Aujourd’hui, Russie unie rassemble 41,5 % d’opinion favorable. Le destin de cette élection est désormais défini. Et nous voyons que Russie unie a mobilisé toutes ses ressources, faisant appel au président pour le soutenir. A présent, je peux garantir mes prévisions : même si le parti obtient moins de voix que lors des précédentes élections, (la dernière fois, il a obtenu 49 % des suffrages), cette fois-ci, il pourrait obtenir entre 43 et 45 %, voire 47 % des suffrages.”

Quel parti peut récolter les voix des insatisfaits de la politique du parti au pouvoir selon vous ?

Valeri Fiodorov :

“Jusqu‘à aujourd’hui, on a pu surtout voir l’ascension du parti libéral-démocrate russe de Jirinovski. La dernière fois, il avait à peine franchi le seuil nécessaire pour entrer au parlement, mais il semble qu’il est en passe de devenir l’acteur numéro 2 du nouveau parlement avec les 11 % de voix qu’il serait en mesure d’obtenir. Cette fois-ci, les communistes semblent moins attractifs, plus faibles que d’habitude, et sur la scène politique d’opposition, ils passeraient de la première place à la deuxième ligne. Et puis, il y a un autre parti d’opposition “Une Russie juste”, la dernière fois, il avait obtenu 13 % des voix, aujourd’hui, il n’est plus aussi fort, mais il devrait entrer à la Douma avec 6-7 % des voix.”

Et qu’en-est-il des partis non présents à la Douma ? Yabloko, Parnas, le parti russe des pensionnaires pour la justice et d’autres ont-ils une chance d’y entrer ?

Valeri Fiodorov :

“Dans le cas de Yabloko, nous attendons un résultat de 3 %. Et e sera un important succès pour ce parti, parce que ces 3 % vont leur donner droit à un fond de financement de l’Etat.
Cela rendra leur préparation pour les prochaines élections plus faciles, l‘élection présidentielle étant prévue début 2018.
Le parti russe des pensionnaires pour la justice, c’est une étrange entité, ils n’ont pas de réels leaders, mais ils ont trouvé un très bon nom et plusieurs slogans brillants. Le problème des retraites est très actuel en Russie, comme le problème de la justice sociale qui est fondamental. Je ne peux pas exclure qu’ils puissent obtenir 3-4 % des suffrages.
Rodina, la Patrie, n’a pas de mauvaises chances non plus, il pourrait obtenir 3-4 % également. Mais en ce qui concerne le parti Parnas, il ne semble pas en mesure de gagner plus d’1 % de voix.”

Que pensez-vous du changement de calendrier électoral ? Cela va-t-il affecter la participation ?

Valeri Fiodorov :

“Nous prévoyons une baisse de la participation ce 18 septembre. Et il y a de nombreuses raisons à cela. L’une d’entre elles est le changement de l’administration de la commission électorale centrale qui veille aux falsifications, aux erreurs. L’activiste pour les Droits de l’homme Ella Pamfilova est devenu son chef et elle est plus stricte. Elle prend très au sérieux toutes les falsifications possibles, y compris concernant le taux de participation. Mais bien sûr, le facteur saisonnier pourrait être déterminant. Et les électeurs n’ont pas eu beaucoup de temps pour comprendre et ressentir profondément cette campagne, se mobiliser sérieusement. Sur le terrain, pour ces élections, la campagne n’a duré que deux-trois semaines, alors qu’avant elle était plus longue, elle durait un mois et demi-deux mois.”

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