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Sonya Yoncheva, envoûtante Norma

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Sonya Yoncheva, envoûtante Norma

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Elle séduit le public lyrique international par l‘étendue de sa palette vocale, la perfection de sa technique et l‘énergie de sa présence scénique. Lauréate du concours Operalia en 2010, Sonya Yoncheva incarne pour la première fois, la prêtresse Norma, l’un des rôles les plus exigeants du répertoire. Découvrons les débuts de la soprano bulgare dans le chef-d’oeuvre de Bellini au Royal Opera House de Londres.

Le Royal Opera House de Londres a ouvert sa nouvelle saison avec “Norma”, chef-d’oeuvre de Bellini considéré comme l’apogée du bel canto et Sonya Yoncheva dans le rôle-titre. Une première pour la soprano bulgare qui suit désormais les traces de Maria Callas et Joan Sutherland. “Norma est un rôle totalement différent de ceux que j’ai interprétés auparavant, confie Sonya Yoncheva. Je voulais m’exprimer dans d’autres couleurs aussi bien en termes de chant que de jeu, poursuit-elle. Quand on m’a proposé d’incarner Norma, j’ai vraiment senti que je voulais le faire parce que je savais que c‘était un personnage féminin immense,” assure-t-elle.

Voilà trente ans que cet opéra autour d’une grande prêtresse secrètement liée à l’ennemi n’avait pas été présenté au Royal Opera House. La célèbre compagnie La Fura dels Baus signe la mise en scène de cette production très attendue placée sous la direction d’Antonio Pappano. “Bellini était un génie de la mélodie, explique le chef d’orchestre. Il a composé non pas n’importe quelle mélodie, mais des mélodies qui semblent s’inscrire dans l‘éternité : les mélodies sont comme entremêlées, c’est presque comme de la broderie.”

Antonio Pappano : “Norma, c’est le mont Everest”

“Je dirais que le rôle de Norma, c’est le mont Everest dans le répertoire des sopranos, cela ne fait aucun doute, affirme Antonio Pappano. Son interprète doit chanter avec autorité, force, clarté, tempérament, mais elle doit aussi être capable de broder ces magnifiques mélodies,” estime-t-il.

“J’aime la partie où elle est vulnérable, renchérit Sonya Yoncheva, parce que c’est exactement cette part d’elle-même qu’elle n’accepte pas : ce double visage, cette vulnérabilité, elle ne veut pas la montrer.”

Dans “Casta Diva”, l’un des airs les plus connus, Norma s’adresse à la déesse de la lune. “Cet air est tout simplement une composition de génie, mais c’est aussi un moment où l’action s’arrête, il y a cette prière, précise le chef d’orchestre Antonio Pappano avant d’ajouter : c’est une question d’atmosphère et de grand bel canto, souvent accompagné d’un simple arpège, ce qui est censé déclencher une sensation hypnotique.”

Sonya Yoncheva : “Je suis une conteuse”

Sonya Yoncheva nous explique comment elle aborde ce passage : “Je fais le choix de me dire que c’est un moment très intime, spirituel et totalement intérieur pour elle et son peuple,” dit-elle avant de revenir sur la représentation de ce soir-là : “C‘était tellement difficile aujourd’hui de ne pas pleurer, de ne pas perdre le contrôle de mes émotions réelles, j‘étais totalement investie.”

Enfin, elle nous indique comment elle voit son art : “Je ne me vois pas comme une chanteuse, mais comme une conteuse tournée vers le public et je ne peux pas faire autrement que de me mettre dans la peau de tous les personnages que j’interprète,” affirme-t-elle.

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