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Italie : #fertilityday ou quand le gouvernement fait un flop

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Italie : #fertilityday ou quand le gouvernement fait un flop

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Après des semaines de polémiques et de débats, l’Italie va vivre sa première journée de la fertilité : “the fertilityday” en anglais dans le texte.

Une initiative de la ministre de la santé Beatrice Lorenzin qui a déchaîné les passions depuis le lancement de la campagne d’affichage, à tel point que le gouvernement a remballé ses affiches, son jeu mettant en scène un spermatozoïde et un ovule et axé finalement cette journée uniquement sur l’infertilité, ses causes sanitaires et les moyens d’y remédier…

Il est vrai que le taux de natalité en Italie est l’un des plus bas d’Europe. Il en dessous de la moyenne européenne, bien en deça de celui de la France, par exemple.

Mais l’infertilité n’explique pas tout, comme le reconnaît lui-même le chef du gouvernement italien, il faut surtout des emplois stables et des services de garde…

L’Italie n’aide pas les jeunes couples et n’investit pas assez dans la politique familiale“, explique Franca Maino, chercheuse à l’Université de Milan. “Les données sur les dépenses sociales, en particulier concernant les mineurs et les familles nous montrent que l’Italie n’investit même pas 4 % de son PIB dans ce secteur. L’Italie a des aides sociales inadaptées, en particulier pour les enfants. Et elle n’a pas assez investi dans des politiques qui réconcilient emploi et vie de famille.

Un solide système d’aides sociales mis en place par l’Etat serait la clef des taux de natalité les plus élevés en Europe, même en ces péridodes de crises économiques et de taux de chôamge élevé. La politique nataliste de la France est citée en exemple par Franca Maino :

La France a un régime social bien établi, et elle continue de mettre en place toute une série de mesures comme le congé parental qui est un succès ou les chèques CESU, ces chèques emploi service universel qui facilitent les démarches des familles et réduisent les coûts d’aides ménagères ou de gardes d’enfant à domicile.

Rien à voir avec les femmes au travail comme certains populistes peuvent l’avancer. La carte du taux de fécondité des pays européens peut pratiquement se calquer sur celle du taux d’emploi des femmes. Entre 25 et 54 ans, ce taux atteint plus de 83 % en France, 87 % en Suède, il n’est que de 57 % en Italie.

Et Franca Maino de conclure :
Si nous comparons les données, on constate aussi que les familles avec deux revenus sont dans un environnement plus sûr, ce sont des familles qui peuvent plus volontiers penser avoir plus d’un enfant, qui ne s’arrêtent pas à l’enfant unique.

Pour en savoir plus sur la campagne du ministère de la santé décriée par les Italiens, c’est ici.

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