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Photographie d'art : un vent frais venu du sud

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Photographie d'art : un vent frais venu du sud

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La photographie expose ce mois-ci son côté marchand à la Photo Docks Art Fair de Lyon, en France. Une foire internationale de trois jours dédiée à la photographie contemporaine et à l’art vidéo. Ici pas de stands classiques : la scénographie est au service des projets artistiques car après la foire les œuvres resteront exposées jusqu’au 9 octobre au cœur du quartier de la Confluence de Lyon

C’est l’occasion de prendre le pouls de la photographie d’art et de rencontrer des photographes. La star du petit écran Nikos Aliagas, “amateur éclairé“ de photographie, a notamment été invité pour présenter ses travaux personnels, des clichés des personnes ordinaires qu’il a pu rencontrer lors de ses nombreux voyages.

Mais comment apporter de la fraîcheur à la photographie, quand cette dernière submerge déjà nos vies par les réseaux sociaux? Sur le marché de l’art beaucoup de photographes repoussent les limites du procédé, explique Romain Houg, le co-propriétaire d’une galerie parisienne

On a maintenant des artistes qui vont beaucoup plus loin dans la photographie, c’est a dire qui vont chercher de nouvelles techniques, une nouvelle appréhension de l’appareil, et aussi une recherche un peu particulière dans la photographie abstraite ou dans la technique d’impression, dans les supports d’impression. Je pense qu’on est tout au début maintenant de la photographie contemporaine“ assure le galeriste.

Les droits d’admission à la foire sont abordables ce qui permet aux galeries modestes de participer. Les quinze galeries présentes, qui viennent surtout du sud de l’Europe, espèrent attirer les acheteurs de France et des pays voisins. Samar Martha, la directrice de Gallery One, à Ramallah est venue présenter les clichés de Khaled Jarrar et Bashar Alhroub, deux artistes palestiniens influencés par les difficultés que rencontrent les habitants de la région.

On est une petite galerie, on a ouvert il y a à peu près deux ans et demi, et on ne travaille pas encore avec le marché européen. Ces deux premières années on s’est développé dans la région, mais j’essaye maintenant de viser le marché européen“, explique Samar Martha.

Certains photographes ont une approche très conceptuelle. C’est le cas de Sandra Senn, présentées par la galerie allemande Voss. La Suissesse construit des structures de bois, qui ressemblent à des maisons ou des bateaux. Au lieu de les rendre accessibles au public… elle les prend en photo. Elle explique:

Faire ce travail pour la sculpture, ça ne m’intéresse pas. Je veux que les gens explorent ces sculptures avec leur esprit et leur imagination. Je ne veux pas simplement qu’ils restent devant, je veux qu’ils en jouent, avec leur propres idées et fantasmes – si je les ouvrais au public et que je les rendais visibles ça serait comme au théâtre, quand les rideaux tombe. Toute la magie s’en irait“, dit-elle.

Bruno Hadjih, un photographe algérien basé à Paris s’est lancé dans un projet documentaire d’investigation. Après avoir travaillé pour de prestigieux titres de presse comme Le Monde, le New York Times et Geo, il a voulu dévoiler à travers son art des facettes méconnues du Sahara algérien.

L’artiste définit sa démarche : “Ce que je montre, c’est un travail sur dix ans, c’est sur la notion de désert : qu’est-ce que le désert dans l’imaginaire occidental? Par d’une réflexion philosophique, axée sur une société de consommation. Donc ce ne sont pas juste des images faites pour décorer, elles ont un sens“.

Wolfgang Spindler, euronews:
“De nos jours presque tout le monde est un photographe, mais la Photo Docks Art Fair a choisi de magnifiques photographes, pour qui prendre des photos est le résultat d’un long procédé artistique. Bien plus que clic, clac, c’est dans la boîte“.

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